Étude comparative des pratiques d'internationalisation inclusive dans l'enseignement supérieur en France et au Québec. Le cas des étudiants chinois en mobilité internationale
| Auteur / Autrice : | Xiaoyu Xu |
| Direction : | Régis Malet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science de l'éducation et de la formation |
| Date : | Soutenance le 09/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sociétés, Politique, Santé Publique |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire cultures, éducation, sociétés (Bordeaux ; 2007-...) |
| Jury : | Président / Présidente : Magdalena Kohout-Diaz |
| Examinateurs / Examinatrices : Martine Derivry-Plard, Cui Bian, Élisabeth Issaieva | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Philippe Tremblay, Hervé Breton |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse analyse, à partir des expériences et des perceptions d’étudiants chinois, la manière dont les pratiques d’internationalisation de l’enseignement supérieur en France et au Québec, en particulier les dispositifs d’accueil et d’accompagnement, influencent l’acculturation et l’inclusion au-delà d’une simple intégration de façade. Elle répond à cinq questions portant sur les politiques et la mise en œuvre de l’internationalisation, l’influence des parcours étudiants, les stratégies institutionnelles à l’Université de Bordeaux et à l’Université de Montréal, la structure des réseaux sociaux et la possibilité d’une inclusion véritable et réciproque. Le cadre théorique articule internationalisation, mobilité/motilité, acculturation et inclusion. Au plan macro, l’internationalisation est replacée dans les dynamiques de mondialisation et leurs tensions (impératifs économiques vs idéaux éducatifs). Au plan méso, les politiques et architectures d’accueil sont comparées entre France et Québec. Au plan micro, l’expérience vécue des étudiants est examinée (trajectoires, langues, sociabilités, apprentissages). Cette progression du macro au micro fournit une base pour analyser les expériences interculturelles des étudiants en mobilité et les pratiques d'accueil des établissements d'accueil dans les pays de destination. La méthodologie employée est qualitative et s'appuie sur une posture interprétative et une épistémologie constructiviste. La recherche a adopté une stratégie d'étude de cas multiples et comparatifs, choisissant l'Université de Bordeaux en France et l'Université de Montréal au Québec. Ce choix se justifie par le fait que ces deux terrains partagent une similarité de langue et de statut, tout en présentant des contextes socio-politiques et culturels distincts (universalisme républicain vs. multiculturalisme/interculturalisme). Les données ont été collectées via une triangulation de méthodes : un questionnaire pour identifier des tendances, des entretiens semidirectifs pour saisir la subjectivité des vécus, et l'analyse de données secondaires issues de plateformes numériques (comme Xiaohongshu) et de documents institutionnels pour contextualiser les récits. Les principaux résultats révèlent que les capitaux de départ et la motilité influencent directement les trajectoires de mobilité, de la décision d'étudier à l'étranger aux projets de carrière futurs. L'analyse du vécu de mobilité montre que l'installation et l'écologie linguistique constituent des épreuves d'adaptation et de négociation, où les étudiants développent des stratégies pragmatiques pour surmonter les barrières. La structure des cercles sociaux des étudiants chinois s'organise en un « entre-deux » habitable, entre un cercle homogène (pairs chinois) offrant un soutien affectif et des cercles hétérogènes (locaux, internationaux) favorisant l'apprentissage interculturel. L'étude des systèmes d'accueil démontre qu'il existe un écart entre les stratégies institutionnelles et les perceptions étudiantes, la « qualité en usage » des services dépendant de leur réactivité et de leur capacité à convertir les droits en solutions concrètes. Finalement, les impacts profonds de la mobilité dépassent les acquis professionnels pour toucher la transformation des valeurs, de l'identité et de la résilience. En conclusion, la thèse propose un modèle explicatif intégratif : l’« écologie relationnelle de l'inclusion ». Ce modèle met en lumière la nécessité d'un alignement synergique entre les politiques macro, les dispositifs méso et les pratiques micro pour que l'internationalisation soit véritablement inclusive. La conclusion générale insiste sur la nécessité de passer d'une internationalisation de surface (axée sur la quantité et les profits) à une inclusion réciproque (fondée sur la reconnaissance de l'altérité et la transformation mutuelle du système d'accueil et de l'étudiant), traçant un horizon pour une éducation supérieure plus authentique et plus humaine.