Thèse soutenue

Nouveaux marqueurs pronostiques de la réponse et de la rechute aux thérapies dans les leucémies aiguës myéloblastiques

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Auteur / Autrice : Claire Rouy
Direction : Vanessa Desplat
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie du cancer
Date : Soutenance le 07/11/2025
Etablissement(s) : Bordeaux
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la vie et de la santé
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut d'oncologie de Bordeaux (2022-....)
Jury : Président / Présidente : Maria Mamani Matsuda
Examinateurs / Examinatrices : Jean-François Peyron
Rapporteurs / Rapporteuses : Christian Récher, Sylvain Lefort
DOI : 10.70675/2e0daa13z2c66z4fcfzab2azc26fce6afa4c

Résumé

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Les leucémies aiguës myéloblastiques (LAM) se caractérisent par un blocage en différenciation et une prolifération accrue de cellules myéloïdes immatures, appelées myéloblastes, dans la moelle osseuse et dans le sang. Les patients de moins de 60 ans atteints de LAM présentent une réponse à la chimiothérapie d’induction globalement bonne (80%) mais l’incidence importante des rechutes amène à une survie à 5 ans d’environ 50% et de 10% seulement pour les patients âgés de plus de 65 ans. Les myéloblastes sont porteurs de différentes altérations moléculaires, telles que des mutations du gène FLT3. Trente pour cent des LAM présentent une insertion en tandem (FLT3-ITD) dans le domaine juxta-membranaire ou une mutation ponctuelle dans le domaine tyrosine kinase (TKD) conduisant à une activation constitutive du récepteur FLT3. La mutation FLT3-ITD étant responsable d’un pronostic défavorable, est devenue une cible thérapeutique majeure. Ainsi, plusieurs inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK) anti-FLT3 ont été développés et sont actuellement utilisés en clinique mais des résistances apparaissent. En parallèle, des anomalies de l’épissage ont également été décrites dans la LAM, participant à son hétérogénéité. Trente pour cent des gènes exprimés dans les cellules leucémiques ont un épissage anormal dont le gène FLT3. Notre groupe a découvert un nouveau variant d'épissage dans le domaine intracytoplasmique du FLT3 dans un contexte de résistance aux LAM, qui a été mis en évidence dans une cohorte bordelaise de patients au diagnostic. Les objectifs de ce projet de thèse sont de caractériser ce nouveau variant en déterminant son potentiel oncogénique dans des cellules de LAM in vitro et in vivo et d’évaluer son implication dans la résistance aux traitements. L’objectif final de ce travail est de démontrer que ce nouveau variant pourrait devenir une nouvelle cible thérapeutique qui permettrait d’améliorer le traitement des patients atteints de LAM. Dans un premier temps, à l’aide d’une lignée murine dépendante à l’IL3 et transduite avec les différentes isoformes du FLT3, le potentiel oncogénique a pu être démontré par l’acquisition de l’indépendance des cellules à la cytokine. L’analyse des voies de signalisation en aval du FLT3 montre un maintien de leur activation dans les cellules exprimant le nouveau variant, comparable à celles observées lorsque le récepteur FLT3-ITD est exprimé. Ainsi, ce nouveau variant d’épissage est constitutivement actif et est capable d’engendrer une signalisation oncogénique similaire au FLT3-ITD. Pour confirmer ces résultats in vitro, les lignées murines ont été injectées dans des souris BALB/c afin de déterminer la capacité de ce nouveau variant à induire la maladie. Une prise de greffe à la fois dans la moelle osseuse et dans la rate ainsi qu’une diminution du taux de survie des souris injectées avec le nouveau variant par rapport au groupe contrôle ont pu être observées. Ces résultats valident ceux obtenus in vitro. Dans un second temps, des ITK anti-FLT3 utilisés en clinique tels que la Midostaurine®, le Gilteritinib® et le Quizartinib® ont été testés sur le nouveau variant. Ces composés n’ont pas d’effet sur la prolifération, l’apoptose ou les voies de signalisation oncogéniques des cellules. Ces résultats montrent que ce nouveau variant est résistant aux ITK et que ces composés ne sont pas de bons candidats pour inhiber son potentiel oncogénique. Enfin, la modification génétique par CRISPR-Cas9 de lignées humaines de LAM afin qu’elles expriment le nouveau variant a permis de consolider les résultats précédemment obtenus et de les approfondir en faisant une analyse de séquençage d’ARN. Les résultats de cette étude et de celle faite sur des cellules leucémiques de patients exprimant plus ou moins fortement le variant d’épissage permettra de répondre à l’objectif final de ce travail : développer de nouvelles stratégies thérapeutiques plus efficaces pour les patients atteints de LAM présentant ce variant du FLT3.