Thèse soutenue

Couverture des soins prénatals dans le cadre des recommandations 2016 de l’OMS : tendances récentes, déterminants individuels et contextuels, et impact d’une intervention à base communautaire au Burkina Faso et au Mali

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Auteur / Autrice : Dofinissery Bognini
Direction : Valérie BriandHalidou Tinto
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Santé publique Option Epidémiologie
Date : Soutenance le 15/07/2025
Etablissement(s) : Bordeaux
Ecole(s) doctorale(s) : Sociétés, Politique, Santé Publique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Bordeaux population Health
Jury : Président / Présidente : Renaud Becquet
Examinateurs / Examinatrices : Raquel González, Catherine Deneux-Tharaux
Rapporteurs / Rapporteuses : Smaïla Ouedraogo, Anne Chantry
DOI : 10.70675/da43525bz4587z4447zbffdzfa811452b0a6

Résumé

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Introduction : les consultations prénatales (CPN) sont essentielles pour le suivi des grossesses. En 2016, les recommandations de l’OMS pour le suivi prénatal ont évolué passant de 4 CPN dites « focalisées » à huit « contacts » entre la femme enceinte et un prestataire de soins qualifié. Ces dernières recommandations sont peu adoptées ou mises en oeuvre en Afrique subsaharienne (ASS). Bien que 90 % des femmes enceintes en ASS aient recours à la CPN au moins une fois, seulement 52 % bénéficient des 4 CPN. Au Burkina Faso et au Mali, la couverture de 4 CPN et plus (CPN4+) reste insuffisante du fait de plusieurs barrières individuelles et contextuelles, soulignant la nécessité de trouver des stratégies innovantes pour augmenter cette couverture. Malgré les efforts des systèmes de santé, la couverture des CPN et la mortalité périnatale restent insatisfaisantes. Ce travail a répondu à 3 objectifs : 1) évaluer les déterminants et 2) l’évolution dans le temps des CPN et l’effet d’une intervention communautaire sur la couverture des CPN, 3) les issues de grossesse et l’incidence du paludisme pendant la grossesse au Burkina Faso et au Mali. Méthodes : notre travail s’inscrit dans le cadre de l’essai INTEGRATION qui est une étude de mise en œuvre d’une intervention communautaire pour améliorer la couverture du traitement préventif intermittent pendant la grossesse pour la prévention du paludisme. Cette étude a été réalisée dans les districts sanitaires de Boussé (Burkina Faso) et de Kangaba (Mali). L’intervention a été évaluée à travers un essai randomisé en clusters à 2 bras (distribution communautaire vs communautaire + centre de santé). Elle visait également à encourager et sensibiliser les femmes sur les CPN et les référer en CPN si nécessaire. Celle-ci a été dispensée à domicile, lors des passages de la chimio prévention du paludisme saisonnier destinée aux enfants, chaque mois de juillet à octobre (2022 à 2023). Plusieurs jeux de données ont été utilisés pour nos analyses à travers les modèles suivants : -1) un modèle de séries temporelles interrompues (données agrégées mensuelles du nombre total de CPN4+ et d’accouchements extraites du District Health Information Software version2), de 2015 à 2023 Burkina Faso et 2019 à 2023 au Mali : objectif 1 ; -2) une régression logistique (données enquête ménage de base de l’essai INTEGRATION de 2022) : objectif 2 ; et -3) un modèle de différence des différences (données de routine individuelles issues des centres de santé) : objectif 3. Une valeur seuil de signification de 5 % a été fixée. Résultats : au Burkina Faso et au Mali, les recommandations 2016 de l’OMS ont été adoptées sans être mises en œuvre à l’échelle. La couverture des CPN4+ a évolué de 55,5 % à 69 % entre 2015-2023 au Burkina Faso, et de 45 % à 50 % entre 2019-2023 au Mali. Dans les 2 pays, nous avons montré que les facteurs associés à la non-réalisation de CPN4+ étaient : perception du coût élevé de CPN, longue distance et temps long (≥1h) pour se rendre au centre de santé, et non-perception de la nécessité de recourir plusieurs fois à la CPN. Au Mali, les facteurs associés à la réalisation de CPN4+ étaient : antécédent de mort-né, temps passé en CPN (≥1h) et niveau socio-économique élevé de la femme. Au Burkina Faso, une augmentation significative modérée et ponctuelle de la couverture CPN4+ a été observée, mais pas au Mali. Enfin, aucun effet de l’intervention n’a été mis en évidence sur les issues défavorables de grossesse et l’incidence cumulée du paludisme pendant la grossesse. Conclusion : l’intervention communautaire a eu un effet modéré et à court terme sur la couverture des CPN4+, sans effet plus global sur les issues de grossesse et le paludisme gestationnel. L’intervention a répondu aux barrières géographiques et liées au coût des CPN qui ont été mises en évidence dans la zone d’étude. Des déterminants au recours aux CPN4+ ont été identifiés dans les 2 pays sur lesquels agir pour améliorer la couverture de (…).