Enjeux géopolitiques et environnementaux des grands barrages sur des fleuves transfrontaliers : approche comparative entre le barrage éthiopien de la Renaissance sur le Nil (Egypte, Soudan) et le barrage indien de Farakka sur le Gange/Padma (Bangladesh)
| Auteur / Autrice : | Leila Oulkebous |
| Direction : | Kamala Marius-Gnanou, Pierre Blanc, Frédéric Lasserre |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Geographie |
| Date : | Soutenance le 05/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Les Afriques dans le monde (Pessac, Gironde ; 2011-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Emilie Lavie |
| Examinateurs / Examinatrices : Frédéric Landy | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : David Blanchon, Luc Descroix | |
| DOI : | 10.70675/226cc65az5c0cz4dfez9364zfa37d102144e |
Mots clés
Résumé
Le Nil et le Gange (appelé Padma au Bangladesh) sont deux fleuves transfrontaliers qui concentrent de nombreux enjeux autour du partage de la ressource en eau entre les Etats riverains, notamment dans un contexte de changements globaux et de croissance démographique. La question du partage de ces deux cours d’eau et de leurs ressources à différentes échelles est en grande partie déterminée par la mise en place de grandes infrastructures hydrauliques, en particulier le barrage éthiopien de la Grande Renaissance sur le Nil et le barrage indien de Farakka sur le Gange. Ces barrages sont conçus comme des symboles et des moteurs de développement par les pays qui les mettent en place en amont. Cependant, leur construction de manière unilatérale suscite des tensions avec les pays et les populations en aval qui dépendent des ressources du fleuve pour plusieurs activités dont la pêche, l’agriculture ou la navigation. Cette thèse s’inscrit à la croisée de la géographie environnementale et de la géopolitique. Elle mobilise une approche multiscalaire et comparative à travers l’étude des risques et des conflictualités. En effet, les barrages de la Renaissance et de Farakka cristallisent des rapports de force hydro-hégémoniques à l’échelle des bassin transfrontaliers du Nil et du Gange. L’étude de ces deux cas permet en outre une double mise en perspective, à la fois géographique (Asie du Sud et Afrique) et temporelle (un barrage plus ancien toujours controversé, celui de Farakka mis en service en 1975, et un barrage controversé plus contemporain, celui de la Renaissance construit à partir de 2011).Pour mener cette recherche, plusieurs outils et protocoles méthodologiques sont utilisés. De nombreuses sources et références bibliographiques consultées en plusieurs langues (notamment anglais, français et arabe) servent à documenter les cas d’étude et renforcer le cadre théorique et conceptuel de la recherche. L’analyse s’appuie sur une revue de la littérature scientifique, ainsi que sur la consultation de la littérature grise (rapports institutionnels et d’ONG), ou encore sur des entretiens avec des chercheurs. Le travail de documentation est complété par la constitution de données empiriques lors de phases d’enquêtes sur le terrain dans des zones situées en aval des barrages, au Soudan (Nil) et au Bangladesh (Padma/Gange). Une série d’entretiens semi-directifs a ainsi été réalisée auprès de populations locales dont des agriculteurs, des pêcheurs, des extracteurs de sables (Gange) et des fabricants de briques rouges (Nil).