Thèse soutenue

Vulgarisation scientifique 2.0 : stratégies des vidéastes pro-amateurs et réception du savoir scientifique sur YouTube

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Auteur / Autrice : Benoist Blanchard
Direction : Nathalie Pinède-Wojciechowski
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de l'information et de la communication
Date : Soutenance le 04/04/2025
Etablissement(s) : Bordeaux 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Médiation, Information, Communication, Art (Pessac, Gironde)
Jury : Président / Présidente : Marie-Christine Lipani Vaissade
Examinateurs / Examinatrices : Nathalie Pinède-Wojciechowski, Vincent Bullich, Virginie Spies, Camille Alloing, Emmanuelle Chevry
Rapporteurs / Rapporteuses : Vincent Bullich, Virginie Spies

Résumé

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Cette thèse, située en Sciences de l’Information et de la Communication, propose d’analyser le rôle des vidéastes francophones pro-amateurs de vulgarisation scientifique des sciences Formelles et de la Nature dans la circulation du savoir scientifique sur YouTube. Notre travail part du constat que ce format de communication scientifique représente une manifestation singulière d’un dialogue unilatéral et asynchrone entre science et société, se déroulant en dehors des sphères académiques et institutionnelles, sur une plateforme socio-numérique privée. Pris dans un cadre hautement contraignant et concurrentiel, les vulgarisateurs scientifiques pro-amateurs francophones présents sur YouTube ont recours à des codes de visibilité et de légitimité de discours auprès des communautés virtuelles et des médias. À cette fin, les vidéastes utilisent les codes de la science dite « dure » tout en les contournant. Le modèle économique de YouTube impose aux vidéastes un comportement « ego-entrepreneurial » tout en devant déployer les signes d’un ethos du vulgarisateur scientifique. Cette vulgarisation scientifique sur YouTube sert indirectement à la publicisation de la science sans pour autant rendre compte de sa complexité et n’atteint que partiellement l’objectif de « remédiation » scientifique souhaité par les vidéastes et promis par les médias. La vulgarisation scientifique pro-amateur sur YouTube consolide une communauté bien pourvue en capital culturel et scientifique et ne parvient pas à atteindre un tout-public en vue d’une remédiation scientifique sur une plateforme prétendue ouverte. Notre méthodologie de recherche s’enracine dans une épistémologie constructiviste critique et une démarche inductive heuristique et abductive. Par les données analysées et leur croisement avec les enjeux actuels associés à la communication scientifique, cette thèse propose de situer cette activité de vulgarisation scientifique pro-amateur sur YouTube comme l’appropriation d’une vulgarisation scientifique plus ancienne, réinventée et adaptée à la révolution qu’a constituée l’internet participatif.