Thèse soutenue

Approche microfluidique de la réponse des Cellules Tumorales Circulantes aux déformations rapides sous écoulement

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Auteur / Autrice : Emile Gasser
Direction : Catherine VillardJean-Yves Pierga
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Physique
Date : Soutenance le 29/03/2024
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Physique en Île-de-France (Paris ; 2014-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Physique des Cellules et Cancer (Paris ; 2024-....)
établissement opérateur d'inscription : Institut Curie (Paris ; 1978-....)
Jury : Président / Présidente : Olivia Du Roure
Examinateurs / Examinatrices : Catherine Villard, Emmanuèle Helfer, Julien Husson, Matthieu Piel, Pierre Joseph
Rapporteur / Rapporteuse : Emmanuèle Helfer, Julien Husson

Résumé

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Les métastases, responsables d'environ 90% des morts liées au cancer, sont formées par un processus complexe impliquant une phase intermédiaire de dissémination cancéreuse dans la circulation sanguine. Les cellules issues de la tumeur primaire y acquièrent alors le statut de cellules tumorales circulantes (CTCs). Les capillaires sanguins présentant un diamètre typique inférieur à celui de la cellule cancéreuse, et même de son noyau, les CTCs s’y retrouvent soumises à un stress hydrodynamique et à de fortes déformations.Nous nous interrogeons sur la façon dont ces cellules répondent mécaniquement à ces stress et déformations, et sur le lien entre ces réponses et le potentiel métastatique de ces cellules. Pour cela, nous avons développé deux dispositifs microfluidiques, qui constituent des modèles simplifiés in vitro de la microvasculature, et nous sommes intéressés à sept lignées cellulaires de cancer du sein et du colon.Le premier dispositif permet d'étudier la dynamique de déformation et de récupération à des temps courts à l'échelle de la cellule unique. Nous avons pu montrer que le temps d'arrêt des CTCs dans les constrictions dépend en premier lieu de leur taille, puis de leur agressivité: à taille égale, les cellules issues d'un cancer plus agressif traversent plus rapidement les constrictions. Nous avons aussi pu caractériser les propriétés rhéologiques des CTCs au cours de leur déformation et récupération morphologique.De façon intéressante, nous avons observé que le noyau des cellules les plus agressives récupèrent de façon quasiment instantanée. Cette récupération élastique semble être liée à la présence d'une cage de vimentine (filament intermédiaire) entourant le noyau, absente dans les cancers les moins agressifs.Le second dispositif permet, à l'échelle de la population de cellules, de suivre l'effet de déformations répétées sur la survie et l'agressivité des CTCs. Les cellules issues d'un cancer plus agressif semblent mieux survivre, car plus aptes à récupérer des déformations et dommages.Nous espérons, par la compréhension des mécanismes gouvernant la réponse des CTCs à des déformations rapides sous flux, pouvoir identifier des cibles thérapeutiques afin de perturber ces mécanismes et empêcher les CTCs de survivre à leur passage dans la circulation sanguine.