Décolonisation et formation d'une capacité administrative autonome ˸ l'encadrement de l'émigration de travail au tournant de l'indépendance en Algérie (1955-1973)
| Auteur / Autrice : | Baptiste Mollard |
| Direction : | Jacques de Maillard, Emmanuel Blanchard |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences Politiques |
| Date : | Soutenance le 18/12/2024 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences sociales et humanités (Versailles ; 2020-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Guyancourt, Yvelines ; 1983-....) |
| Référent : Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (1991-....) | |
| graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Sociologie et science politique (2020-….) | |
| Jury : | Président / Présidente : Johanna Siméant-Germanos |
| Examinateurs / Examinatrices : Assia Boutaleb, Sylvain Laurens, Myriam Aït-Aoudia, Malika Rahal | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Assia Boutaleb, Sylvain Laurens |
Mots clés
Résumé
De 1947 à 1963, de nombreux Algériens bénéficient d'une liberté de circulation vers la métropole. Avec près de 250 000 individus en France en 1954, plus de 500 000 en 1965 et un peu moins de 900 000 en 1976, ils fourniraient, selon les gouvernements français et algériens successifs, un revenu à un quart ou un cinquième de la population. Ces pratiques de subsistance sont encouragées par le Gouvernement général d'Algérie qui promeut une émigration de travail masculine dès 1955. Malgré des interruptions liées à la guerre, la transition vers l'indépendance et la naissance conflictuelle d'une diplomatie franco-algérienne, ces dispositifs d'encadrement sanitaire et professionnel sont réinvestis jusqu'en 1973 par l'État indépendant.Cette thèse analyse cette émigration d'État à l'aune de la formation d'une capacité administrative algérienne autonome au moment de la décolonisation des institutions. En contexte de sous-emploi massif, elle étudie la bureaucratisation des interactions entre candidats et services d'encadrement. À partir d'archives coloniales et diplomatiques françaises, de documents algériens de la littérature grise et de la presse, d'entretiens avec d'anciens fonctionnaires algériens et d'archives privées fournies par ces derniers, elle démontre le caractère structurant des tensions entre des individus et des communautés paysannes émigrant selon leurs logiques propres et une action publique algérienne de contrôle des frontières et des mobilités.