Thèse soutenue

Poids économique de l'infertilité et évolution du recours aux traitements médicamenteux

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Auteur / Autrice : Bastien Bourrion
Direction : Nathalie Pelletier-FleuryMathilde François
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Economie de la santé
Date : Soutenance le 11/06/2024
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Santé Publique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (Villejuif, Val-de-Marne ; 2010-....)
référent : Faculté de médecine
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Santé publique (2020-....)
Jury : Président / Présidente : Florence Boitrelle
Examinateurs / Examinatrices : Jennifer Zeitlin, Pierre-Emmanuel Bouet, Patrick Blin
Rapporteurs / Rapporteuses : Jennifer Zeitlin, Pierre-Emmanuel Bouet

Résumé

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La prévalence de l'infertilité ne cesse d'augmenter et constitue un réel enjeu de santé publique, tant par les défis liés au traitement et à la prise en charge qu'elle suppose que par le poids économique qu'elle engendre. Pourtant les données sur la prise en charge de l'infertilité, hors aide médicale à la procréation, sont peu nombreuses. Le recours aux bases de données médico-administratives françaises doit nous permettre de pallier ce manque. Dans cette thèse, nous avons valorisé le poids économique du recours au traitement de l'infertilité d'une cohorte de femmes en population générale et d'une cohorte de femmes ayant eu un cancer pédiatrique (cohorte FCCSS). Nous avons montré que le coût annuel moyen par femme de la prise en charge de l'infertilité dans chacune de ces populations était respectivement de 2 018 euros (IC95% : 1 609 ; 2 428) et 2 924 euros (IC95% : 2 133 ; 3 715). Sur une période de suivi de 3,5 ans, nous avons estimé le poids économique en population générale à 70,0 millions (IC95% : 57,6 ; 82,4) d'euros pour 10 000 femmes âgées de 18 à 50 ans. Contre toute attente, une part importante des dépenses observées est liée au traitement médicamenteux de l'infertilité (citrate de clomifène et gonadotrophines), surtout en début de traitement. Nous avons analysé le recours à ces deux classes de traitement, d'un point de vue pharmaco-épidémiologique, entre 2010 et 2017. Nous avons observé une diminution significative des prescriptions du citrate de clomifène en parallèle d'une augmentation significative des prescriptions des gonadotrophines. Ces tendances étaient influencées par l'âge, l'APL et le FDep13. D'autre part, le type de traitement du cancer reçu dans l'enfance avait un impact significatif sur les dépenses associées à l'infertilité. La radiothérapie seule était associée à des coûts plus élevés que l'absence de traitement par radiothérapie ou chimiothérapie. Dans un contexte socio-démographique d'augmentation du recours au traitement de l'infertilité, cette thèse ouvre la voie à de futurs travaux sur l'identification des parcours de soins qui permettraient une analyse plus fine du recours aux traitements de l'infertilité et de ses déterminants.