Thèse soutenue

Étude d’espèces traces dans la basse atmosphère de Titan

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Auteur / Autrice : Koyena Das
Direction : Cyril SzopaThomas Gautier
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Astronomie et Astrophysique
Date : Soutenance le 06/12/2024
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Astronomie et astrophysique d'Île-de-France (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Atmosphères, observations spatiales (Guyancourt, Yvelines ; 2009-....)
Référent : Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (1991-....)
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Physique (2020-….)
Jury : Président / Présidente : Valérie Ciarletti
Examinateurs / Examinatrices : Gabriel J. R. Tobie, Nicolas Fray, Véronique Vuitton
Rapporteurs / Rapporteuses : Gabriel J. R. Tobie, Nicolas Fray
DOI : 10.70675/0677fa64z2141z4cf8z9b57zd129c94f640e

Résumé

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Dans l'atmosphère de Titan, les deux gaz majoritaires, CH4 et N2, sont photolysés dans la haute atmosphère, conduisant à une chimie complexe. La mission Cassini-Huygens, orbitant Saturne entre 2004 et 2017, a permis d'étudier l'atmosphère et sa dynamique. Lasonde Huygens s'est posée sur Titan en janvier 2005 et a mesuré in situ la compositionde la basse atmosphère (en dessous de 150 km) pendant sa descente et à la surface . LeGas Chromatograph Mass Spectrometer (GCMS) à bord de cette sonde a mesuré la composition atmosphérique et dans cette thèse, j'ai utilisé cet ensemble de données pour quantifier la composition de huit espèces traces entre 145km d'altitude et la surface - H2, C2H2, C2H4, C2H6, HCN, Ar, Ne, CO2. En raison du manque d'étalonnage instrumental des gaz à l'état de traces par l'équipe GCMS, j'ai utilisé une technique statistique de déconvolution des spectres de masse et une approche analytique des facteurs de calibration me permettant de surmonter cet absence de calibration instrumentale. En particulier, j'ai utilisé une technique d'échantillonage Monte Carlo pour faire varierles intensités relatives des schémas de fragmentation des espèces mesurées par GCMS. De plus, le jeu de données présentait des problèmes qui devaient être corrigés avant de récupérer les fractions molaires atmosphériques. J'ai donc corrigé les données pour tenir compte du temps mort et de la saturation du détecteur à m/z 28, supprimé le bruit de fond, interpolé les paramètres physiques ambiants à l'aide des mesures HASI (un instrument sonde) et corrigé empiriquement la diaphonie à m/z 26, 27 et 29 en raison de 28.Une fois le recalibrage du jeu de données terminé, les profils verticaux des fractions molaires de ces huit espèces traces ont pu être inversés. Les fractions molaires de C2H2, C2H4, C2H6 et HCN étaient plus élevées que prévu par rapport aux résultats de Cassini CIRS et de Titan PCM, et il n'y avait pas de tendance visible à la condensation après 80 km, ce qui est en profond désaccord avec les connaissances actuelles de l'atmosphère de Titan. Ce résultat à permis de montrer que GCMS n'a pas mesuré uniquement les gaz atmosphériques. L'hypothèse la plus convaincante pour expliquer les donnéessemble être la désorption d'une couche condensée de composés organiques sur les aérosols à l'intérieur de l'instrument chauffé. Afin de tester cette hypothèse, j'ai également effectué un traitement préliminaire sur le jeu de données ACP (un autre instrument de la sonde) qui était censé étudier les aérosols dans l'atmosphère deTitan. HCN et NH3 ont pu être détectés lorsque les particules condensées échantillonnées ont été chauffées à -70 ◦C, 250 ◦C, et 600 ◦C.J'ai également mené des études expérimentales sur des analogues d'aérosols de Titan afin d'étudier la composition chimique de leurs couches externes en les pyrolysant entre 50 et 300 ◦C. Environ 19 espèces ont été identifiées, la plupart d'entre elles s'évaporant à partir de 150 ◦C. Des espèces comme NH3, HCN, C2H2, C2H4, C2H6, C3H8 qui ont été détectées par Huygens GCMS et ACP ont également été identifiées ici à basse température. Les mesures de la pression de vapeur de ces espèces se sont révélées beaucoup plus élevées que les conditions atmosphériques de Titan aux températures de fonctionnement du GCMS, confirmant ainsi l'hypothèse du dégazage.Enfin, j'ai également pu obtenir pour les fractions molaires de quatre espèces traces entre 73 et 75 km dans l'atmosphère de Titan à partir d'un autre jeu de données de GCMS, permettant ainsi de fournir, pour la première fois, leur concentrations dans la basse atmosphère de Titan.