Rôles des mutations somatiques dans STAG2, TP53 et CDKN2A et de la chromoplexie dans l'oncogenèse du sarcome d'Ewing
| Auteur / Autrice : | Maxime Heintzé |
| Direction : | Erika Brunet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences du Cancer |
| Date : | Soutenance le 03/12/2024 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Cancérologie : biologie-médecine-santé (Villejuif, Val-de-Marne ; 2015-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut des Maladies Génétiques (Paris) |
| Référent : Université Paris-Saclay. Faculté de médecine (Le Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne ; 2020-....) | |
| graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Life Sciences and Health (2020-….) | |
| Jury : | Président / Présidente : Didier Surdez |
| Examinateurs / Examinatrices : Marie Castets, Frédéric Chibon, Gaëlle Legube | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Marie Castets, Frédéric Chibon | |
| DOI : | 10.70675/1692f3d6z6047z4c0bz811fz40d16be99860 |
Mots clés
Résumé
Le sarcome d'Ewing est le second cancer pédiatrique des os et tissus mous le plus fréquent. Il est caractérisé par la présence d'une translocation chromosomique fusionnant un gène de la famille FET à un facteur de transcription de la famille des ETS. Dans 85% des cas, la t(11;22)(q24;q12) fusionnant les gènes EWSR1 et FLI1 est observée, et dans 10% des cas, on peut retrouver la t(21;22)(q22;q12) fusionnant EWSR1 avec ERG. Ces protéines de fusion exercent un rôle oncogénique aberrant. Des mutations somatiques dans les gènes STAG2, TP53 et CDKN2A sont fréquemment retrouvées dans les tumeurs des patients. En particulier, STAG2, un gène impliqué dans le complexe de la cohésine, est de plus en plus observé muté ou inactivé dans les cancers de nos jours. Un phénomène d'instabilité génomique récemment décrit, nommé chromoplexie, est aujourd'hui retrouvé dans 18% des cancers. La chromoplexie consiste en de multiples réarrangements généralement équilibrés entre plusieurs chromosomes, formant des boucles de translocations complexes. Etonnamment, les tumeurs de patients positives pour la fusion EWSR1-ERG sont presque toujours associées à de la chromoplexie.Comprendre le rôle des mutations somatiques additionnelles et de la chromoplexie dans l'initiation de l'oncogenèse de ce sarcome est nécessaire pour déchiffrer les mécanismes de la transformation cellulaire dans ce sarcome. Afin générer de nouveaux modèles d'étude, nous induisons de façon endogène, par CRISPR-Cas9, les translocations EWSR1-ETS associées aux mutations additionnelles dans des cellules souches mésenchymateuses (MSC) humaines primaires, potentielle origine cellulaire de ce sarcome. Pour de comprendre le mécanisme de la chromoplexie, nous avons supposé que l'orientation des gènes EWSR1 et ERG sur leurs chromosomes respectifs mène à la formation d'un chromosome dicentrique théorique. Ce chromosome très instable pour la cellule, pourrait favoriser la formation de boucles de réarrangements comme la chromoplexie pour stabiliser son génome.De cette manière, nous avons été capables de générer un tout nouveau modèle innovant du sarcome d'Ewing à partir de MSCs humaines primaires. Ces modèles ont montré une capacité à développer des tumeurs et métastases lors de leur injection in vivo dans des souris. Ces tumeurs récapitulaient toutes les caractéristiques typiques du sarcome d'Ewing, incluant leur morphologie caractéristique et l'expression membranaire du marqueur CD99. De plus, les profils transcriptomiques des tumeurs étaient très similaires à ceux des tumeurs de patients. Par la suite, nous avons utilisé la fusion EWSR1-ERG afin d'étudier la chromoplexie. Grâce à l'utilisation d'inhibiteurs spécifiques de voies de réparation des cassures double-brin de l'ADN, nous avons pu favoriser la formation des boucles de réarrangements dans des cellules modèles. A partir de nos résultats, nous avons généré de tout nouveaux modèles originaux présentant la fusion EWSR1-ERG, associée ou non à de la chromoplexie, à partir de MSCs primaires humaines.Ces travaux confirment une potentielle origine mésenchymateuse de ce sarcome. Nous avons montré que l'induction endogène des fusions EWSR1-ETS, permet la transformation cellulaire complète lorsqu'associées aux mutations somatiques additionnelles des gènes STAG2, TP53 et CDKN2A. Enfin, nous avons pu comprendre en partie le rôle de la chromoplexie dans l'initiation de l'oncogenèse du sarcome d'Ewing.