Thèse soutenue

Aspects statistiques et dynamiques des vagues de chaleur extrêmes dans les moyennes latitudes

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Robin Noyelle
Direction : Pascal YiouDavide Faranda
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géosciences
Date : Soutenance le 18/06/2024
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de l'environnement d'Île-de-France (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (Gif-sur-Yvette, Essonne ; 1998-....)
Référent : Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (1991-....)
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Géosciences, climat, environnement et planètes (2020-….)
Jury : Président / Présidente : Pascale Braconnot
Examinateurs / Examinatrices : Dorian Abbot, Olivia Martius, Erika Coppola, Erich Fischer
Rapporteurs / Rapporteuses : Dorian Abbot, Olivia Martius
DOI : 10.70675/b512aebfz4979z4354z8d4czfb0a45eac387

Résumé

FR  |  
EN

L'intensité et la fréquence des vagues de chaleur augmentent en réponse au réchauffement climatique d'origine anthropique. Cette thèse étudie les aspects statistiques et dynamiques des événements de chaleur extrêmes et très extrêmes dans les moyennes latitudes, en particulier en Europe. Elle aborde les questions des températures maximales de surface qui peuvent être atteintes pendant une vague de chaleur, la différence entre les mécanismes physiques conduisant à des vagues de chaleur extrêmes et des vagues de chaleur très extrêmes, la possibilité de simuler efficacement des vagues de chaleur très extrêmes dans un modèle climatique et l'évolution dynamique des vagues de chaleur extrêmes avec le réchauffement climatique.La première partie de la thèse étudie les aspects statistiques des vagues de chaleur extrêmes. Elle aborde la question de la limite supérieure des températures de surface. L'approche est basée sur la théorie des valeurs extrêmes (TVE) et compare les résultats cette méthode aux processus physiques qui limitent fondamentalement l'augmentation des températures. Des lacunes de l'approche TVE traditionnelle sont démontrées et je propose une approche pour atténuer ces dernières en contraignant physiquement le fit des distributions de probabilité basées sur la TVE.La deuxième partie de la thèse porte sur la question des mécanismes dynamiques à travers lesquels le système climatique s'organise pour produire des événements de chaleur intenses.Je montre tout d'abord dans un long run de contrôle d'un modèle climatique que les événements de chaleur extrêmes ont tendance à être typiques, c'est-à-dire à être plus semblables les uns aux autres que les événements de chaleurmodérés. L'étude des extrêmes étant limitée par un fort problème de sous-échantillonnage, je détaille ensuite l'intérêt d'utiliser des algorithmes dits d'événements rares qui permettent d'échantillonner plus d'extrêmes que les simulations habituelles ne peuvent en fournir. J'applique un tel algorithme d'événements rares dans le modèle IPSL-CM6A-LR pour échantillonner des étés extrêmes et très extrêmes en Europe occidentale dans des conditions préindustrielles, actuelles et futures de forçages anthropiques. J'étudie en particulier les changements dans la dynamique conduisant à ces étés extrêmes au cours des différentes périodes. Je montre que, dans le modèle, le réchauffement climatique est associé à une diminution de la variabilité de la circulation atmosphérique mais à une augmentation de lavariabilité thermodynamique.Le travail présenté dans cette thèse démontre l'intérêt de faire le lien entre les approches physiques et statistiques pour l'étude des événements climatologiques extrêmes et très extrêmes. Je montre en particulier quel'utilisation de techniques comme les algorithmes d'événements rares permet de répondre à des questions physiques sur le système climatique qui sont hors de portée des méthodes classiques.