Qu'est-ce que c'est, du sarcasme ? Ou est-ce juste moi ? : une étude des questions sarcastiques dans des corpus discursif
| Auteur / Autrice : | Efrat Levant |
| Direction : | Agnès Celle |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Linguistique anglaise |
| Date : | Soutenance le 13/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences du langage (Paris ; 2019-2025) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Approches Linguistiques Théoriques, Appliquées et Expérimentales : langues et cultures connectées (Paris ; 2005-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Ilse Depraetere |
| Examinateurs / Examinatrices : Jonathan Ginzburg | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Laure Lansari, Dylan Glynn | |
| DOI : | 10.70675/2435ca71z3285z440dz9a3ezd21f9aea14b6 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse explore la relation entre le sarcasme et les interrogatifs dans des corpus américano-anglais. Elle se concentre sur trois types de questions véhiculant des significations sarcastiques et littérales: les questions alternatives, les questions polaires disjonctives, et les questions WH suivies d'une auto-réponse. Une analyse approfondie de trois corpora distincts permet d'examiner comment ces interrogatifs encodent le sarcasme et quels facteurs influencent la préférence pour le sarcasme par rapport au sens littéral. Malgré des recherches approfondies, des lacunes importantes subsistent dans le compréhension du sarcasme dans les dialogues naturels (Orbay et al., 2016), souvent considéré comme un simple sous-ensemble de l'ironie (Filatova, 2012). Les études précédentes se sont principalement concentrées sur le rôle de la saillance dans l'interprétation du sarcasme, négligeant souvent d'autres facteurs influents. Bien que les contributions de Biezma & Rawlins (2015, 2017) et de Michaelis & Feng (2015) aient avancé notre compréhension des interrogatifs et du sarcasme, une intégration complète de ces éléments fait toujours défaut. Une approche cohérente et unifiée est nécessaire pour mieux comprendre le sarcasme dans le discours. On propose une telle approche en intégrant des éléments de la grammaire de construction et de la théorie de la pertinence, cadres souvent considérés comme incompatibles. S'appuyant de Leclercq (2019, 2023), qui démontrent que ces cadres peuvent être complémentaires plutôt qu'opposés, cette étude fournit un compte rendu cohérent intégrant des caractéristiques syntaxiques, pragmatiques et lexicales. Nous examinons pourquoi le sens sarcastique de certains interrogatifs est préféré à leur sens littéral, tenant compte de facteurs tels que la saillance, l'(im)politesse et les marqueurs discursifs qui influencent les interprétations sarcastiques. Cette recherche fait progresser notre compréhension du sarcasme dans divers contextes discursifs en abordant quatre questions clés. La première porte sur la prévalence des interrogations sarcastiques dans trois corpus distincts: un corpus télévisé parlé, non scénarisé, un corpus téléphonique et un corpus web écrit. Les résultats révèlent que les questions sarcastiques sont significativement plus fréquentes dans le corpus web que dans le corpus TV, aucun cas n'ayant été détecté dans le corpus téléphonique. La deuxième question examine lequel des trois types d'interrogations est le plus sarcastique. Les résultats révèlent que les questions de type WH suivies d'une réponse personnelle présentent la plus grande proportion d'interprétations sarcastiques. La troisième question porte sur le rôle du contexte environnant dans l'interprétation du sarcasme. Les résultats révèlent que les questions sarcastiques indépendantes du contexte se produisent significativement plus souvent que leurs homologues dépendantes du contexte, ce qui suggère que les interprétations sarcastiques sont principalement influencées par des facteurs internes à l'énoncé. La dernière question analyse les facteurs internes contribuant à la nature sarcastique des interrogatives. Les résultats montrent que ''vraiment'', ''juste'', ''ou quelque chose'' et les émoticônes sont significativement plus fréquents dans les questions sarcastiques que dans les questions littérales. En conclusion, cette thèse fournit un examen détaillé du sarcasme dans les constructions interrogatives au sein de corpus américano-anglais, révélant de nouvelles perspectives sur les processus façonnant les expressions sarcastiques. Grâce à une analyse complète du corpus, notre recherche ne fait pas seulement progresser la compréhension théorique du sarcasme, mais éclaire des types spécifiques de questions sarcastiques. Ce travail approfondit la compréhension du rôle du sarcasme dans le discours et met en évidence ses implications significatives pour la communication dans divers contextes discursifs.