Enseignement du FLS aux migrant·es adultes peu ou pas scolarisé·es en France : une analyse sociodidactique des représentations de la littératie
| Auteur / Autrice : | Céline Robillard |
| Direction : | Margaret Bento, Laurence Le Ferrec |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences du langage |
| Date : | Soutenance le 12/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences du langage (Paris ; 2019-2025) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Éducation Discours Apprentissages (Paris ; 2006-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Fatima Chnane-Davin |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Marc Debono, Laurent Puren | |
| DOI : | 10.70675/50461372z6414z4cf0zbbd1ze0a1b04b32b2 |
Mots clés
Résumé
Être peu ou pas scolarisé·e et allophone en France implique plusieurs besoins en termes de formation linguistique : apprendre la langue française pour communiquer, développer ou consolider des compétences liées au savoir-lire et au savoir-écrire et ce, en français, langue non maternelle. Le premier objectif de cette thèse est ainsi de situer ce public dans le champ de la didactique des langues. Je m'interroge sur la place accordée à ce public dans les domaines du FLS (Français Langue Seconde), de la formation linguistique des migrant·es adultes (FLMA) ou de l'alphabétisation, également connue sous l'abréviation ''alpha''. Le besoin linguistique composite de ce public amène ainsi à s'interroger sur la notion de ''littératie'', définie comme « un ensemble d'attitudes, de connaissances, d'habiletés et de compétences en lien avec l'appropriation de la culture écrite et des besoins qui en découlent, dans une société donnée » (Rispail, 2017). Apprendre le français et à le lire et à l'écrire implique alors davantage que des compétences de codage/décodage, néanmoins nécessaires. Toutefois, en France, le concept de ''littératie'', issu de l'anthropologie, entre en concurrence avec celui d'''alphabétisation'', préféré par certains auteurs en didactique, notamment parce qu'il implique un processus (d'apprentissage) plus qu'un résultat. Adami (2020, p. 129) intègre alors à cette notion, comme pour celle de littératie, une dimension étendue à l'appropriation des « codes sociaux, pragmatiques, symboliques et pratiques » de l'univers de l'écrit, dépassant ainsi les limites du terme, principalement liées à son étymologie (qui met au premier plan une dimension restreinte au code) et à sa conception courante, porteuse d'interdiscours (lié aux campagnes d'alphabétisation, notamment coloniales, connotations associées à l'adjectif ''analphabète'', liens présupposés entre alphabétisme et cognition etc.). Ainsi, le deuxième objectif de cette recherche est d'analyser les représentations des formateur·ices de la littératie (ou de l'alphabétisation) et de ce qu'implique l'enseignement-apprentissage de la lecture-écriture et du français en France, pays à forte culture écrite. Dans une perspective d'analyse qualitative, à partir d'entretiens compréhensifs et d'observations de classe, je propose une analyse des représentations de l'alphabétisation ou liées à la littératie dans les discours des formateur·ices. En outre, puisque les représentations circulent également à travers les mots et les discours (Jodelet, 2003), une analyse des nominations vient compléter l'analyse des représentations. En tant que pratiques de l'écrit d'une culture donnée, les cultures éducatives font partie intégrante de la littératie et l'on observe que les modèles de référence des formateur·ices impactent la façon dont ils et elles conçoivent leur cours et le public. Enfin, le manque de stabilité nominative mais aussi les représentations de la littératie et de l'alphabétisation impactent l'évaluation du profil et du niveau des apprenant·es et conduisent à une responsabilisation du·de la migrant·e dans son processus d'apprentissage et d'intégration et par conséquence, à une diminution de la responsabilité du·de la formateur·ice dans ce processus.