Mobilisations subjectives et luttes collectives entre espace temps étatique et numérique
| Auteur / Autrice : | Julien Chandelier |
| Direction : | Anastassia Tsoukala, Yves Charles Zarka |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance le 18/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences des sociétés (Paris ; 2019-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherche en Philosophie, Sociologie et Politique (Paris ; 2019-....) |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Anaïs Theviot, Didier Mineur |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Virginie Tournay, Michel Kokoreff |
Résumé
Ce travail porte sur la transformation du pouvoir contemporain et le renouvellement, d'une part des formes de mobilisations subjectives et d'autre part des luttes collectives, entraînés par l'apparition de la sphère numérique. A l'intersection de la sociologie des mouvements sociaux et d'une socio-philosophie de la technique, nous questionnons ici les effets de la coexistence des espace-temps étatique et numérique, en tant que formes de pouvoir, d'imaginaires institués et de modèles de société. Pour ce faire, nous nous sommes intéressés en particulier à la plateformisation de certaines mobilisations sociales contemporaines en France : celle des gilets jaunes, du mouvement climat et des communs. Nous avons enquêté sur plusieurs expériences numériques ayant eu lieu au sein de ces mouvements qui visaient à rendre possibles, prolonger ou faire fonctionner des pratiques et des horizons d'émancipation plus larges dans la société. A travers une ethnographie multisite et des entretiens semi-directifs auprès des concepteurs et administrateurs de ces espaces militants en ligne, nous avons cherché à analyser leur dimension matérielle en rapport avec la problématique à laquelle ils tentent de répondre, afin d'identifier les imaginaires qui les sous-tendent. A partir de ces analyses se dégagent plusieurs manières d'envisager le changement social comme autant de configurations technopolitiques. Enfin, cette démarche repose également sur une analyse historique des développements de la cybernétique, dans le but d'interroger le devenir de l'ontologie informatique à l'âge de l'anthropocène et des crises politiques de la modernité tardive.