Thèse soutenue

An exploratory study of the conditions for local actor engagement in tick and tick-borne disease risk management : analyzing collective action within a transdisciplinary social-ecological systems framework in the Occitanie region of southern France

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Auteur / Autrice : Lyonna Zortman
Direction : Thomas PolletAurélie BinotLaurence Vial
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Environnement, territoires et sociétés
Date : Soutenance le 29/02/2024
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale GAIA Biodiversité, agriculture, alimentation, environnement, terre, eau (Montpellier ; 2015-...)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : ASTRE - Animal, Santé, Territoires, Risques et Ecosystèmes (Montpellier, Hérault)
Jury : Président / Présidente : Karine Huber
Examinateurs / Examinatrices : Jonas Durand, Raphaël Mathevet
Rapporteurs / Rapporteuses : Tamara Giles-Vernick, Eric Breton

Résumé

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En Europe, les tiques représentent le premier vecteur d’agents pathogènes pour l’Homme et les animaux, constituant donc un problème de santé publique et vétérinaire préoccupant. Les risques liés aux tiques deviennent en effet de plus en plus préoccupants pour les institutions de santé publique et vétérinaire en raison de l'augmentation de l’abondance et la répartition géographique des tiques, ainsi que de l'incidence des cas des maladies à tiques dans les différents pays européens. Ces changements sont principalement liés à une combinaison de facteurs complexes à la fois écologiques, climatiques et anthropiques qui influencent les composantes épidémiologiques dans diverses conditions environnementales et sociales. Ce risque dépend donc des interactions éco-épidémiologiques au sein de systèmes complexes caractérisés par des variables sociales et écologiques localisées. Alors qu’éviter au maximum les piqûres de tiques semble être la mesure de prévention la plus efficace quelle que soit l’échelle spatiale considérée, les acaricides chimiques constituent aujourd’hui l'outil de prévention le plus courant. Cette solution ne se révèle être efficace que localement et à très court terme et présente des conséquences néfastes sur la santé humaine, animale et celle des écosystèmes. Malgré les recherches menées jusqu'ici les connaissances actuelles restent insuffisantes pour orienter efficacement les dispositifs de surveillance, de prévention et de contrôle. En l'absence de programmes globaux efficaces, l’implication des acteurs locaux est indispensable à l'identification et la mise en œuvre de solutions reposant sur la détection et la prévention des risques. Pour ces raisons, les maladies à tiques sont des enjeux complexes qui nécessitent l'intégration de connaissances d’acteurs à la fois académiques et non académiques, connaissances complémentaires et essentielles pour mieux comprendre les variables sociales et écologiques qui influencent le risque tiques dans un cadre « Une seule santé ». Mon travail de thèse consistait donc à comprendre le risque associé aux tiques à partir d'une approche holistique centrée sur les acteurs concernés par le risque. Pour cela, je me suis concentrée sur les perceptions des acteurs locaux concernant le risque tiques dans ses dimensions socio-écologiques (SSE). En utilisant des approches des sciences sociales et participatives, j’ai exploré les modalités des interactions transdisciplinaires entre les acteurs locaux et les chercheurs pour qu’ils puissent contribuer collectivement à l'amélioration de la surveillance, de la prévention et de la gestion du risque tiques en France. Tout d'abord, j’ai cartographié le réseau d’acteurs impliqués dans la surveillance et la gestion du risque tiques au niveau national et découvert une mosaïque de réseaux d'acteurs informels nécessitant un renforcement des collaborations multisectorielles et multi-niveaux dans un cadre « Une seule santé ». J’ai ensuite élaboré un cadre transdisciplinaire et socio-écologique visant à comprendre les dimensions territoriales du risque tiques et à opérationnaliser les collaborations transdisciplinaires. Enfin, j’ai pu éprouver ce cadre sur le terrain, en m’appuyant sur les connaissances des acteurs locaux pour construire un modèle du SSE du risque tiques et en accompagnant les interactions transdisciplinaires lors d’ateliers de co-construction participatifs multi-acteurs. Les résultats des ateliers ont fait émerger l’idée d’un comité de pilotage transdisciplinaire qui permettrait de mieux gérer le risque tiques à l’échelle locale. Au cours de ma thèse, j’ai réussi à mobiliser un groupe hétérogène d’acteurs locaux qui sont maintenant collectivement conscients du risque tiques au sein du SSE qu’ils partagent et motivés à coopérer pour améliorer la détection précoce des risques liés aux tiques, co-créer et promouvoir des connaissances pour améliorer la prévention et mieux gérer le risque sur le plan socio-écologique.