Thèse soutenue

Amélioration des évaluations de risques sanitaires par l'utilisation de la bioaccessibilité orale comme outil de caractérisation des expositions de l'Homme aux éléments métalliques

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Auteur / Autrice : Madeleine Billmann
Direction : Aurélie PelfrêneCorinne HulotBenjamin Pauget
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie de l'environnement, des organismes, des populations, écologie
Date : Soutenance le 04/11/2024
Etablissement(s) : Université de Lille (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la matière, du rayonnement et de l'environnement (Lille ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LGCgE - Laboratoire de Génie Civil et géo-Environnement
Financeur : Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (France) - JUNIA (Lille ; 2020-....)
Jury : Président / Présidente : Annabelle Deram
Examinateurs / Examinatrices : Emmanuel Joussein, Matthieu Bravin
Rapporteurs / Rapporteuses : Camille Dumat, Sébastien Denys
DOI : 10.70675/359c39e0z5c68z47dfz8c0fzde8dff9824d0

Résumé

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La problématique de la contamination des sols, et notamment aux éléments métalliques (EM), est un défi majeur auquel de nombreux pays sont confrontés à travers le monde. L'augmentation de la population mondiale et l'urbanisation poussent à la reconquête des sites à passifs environnementaux (souvent contaminés) autrefois délaissés. Il est alors nécessaire de sécuriser d'un point de vue sanitaire les nouveaux usages de ces sites. Cependant, l'évaluation des risques sanitaires, basées classiquement sur les concentrations totales, peut diverger de celle plus réaliste basée sur les concentrations biodisponibles (concentrations ayant réellement atteint les sites d'action). C'est pourquoi en France, il est recommandé d'intégrer la biodisponibilité orale via la mesure de la bioaccessibilité au moyen du test normé UBM (Unified Bioaccessibility Method ; ISO 17924:2019). Ce test in vitro mime la phase de solubilisation des EM par les fluides digestifs et est validé en comparaison à un modèle animal (porcelet) pour l'As, le Cd et le Pb. Mais, cette méthode n'est pas encore suffisamment intégrée comme outil permettant d'affiner les évaluations de risques sanitaires. À la suite de ce constat, l'objectif de ce travail était d'améliorer la caractérisation des expositions des populations lors des calculs de risques sanitaires au travers de la prise en compte de la bioaccessibilité. Dans ce but, la bioaccessibilité du Cr et Ni, deux autres éléments d'intérêt dans la gestion SSP a été étudiée. Mes travaux ont montré l'intérêt de s'intéresser à ces éléments car leur bioaccessibilité tant pour la phase gastrique que gastro-intestinale est identifiée comme majoritairement faible (<20% pour le Cr et <30% pour le Ni). Ces résultats ont été confirmés par les premières estimations de la potentielle biodisponibilité mesurée lors des essais in vivo qui apparait être faible également. L'influence du temps avec ou sans apport d'amendements a également été étudiée et a permis de montrer que l'ajout d'amendements (compost ou biochar) n'est pas toujours bénéfique à long terme pour réduire les risques sanitaires. Dans le but de promouvoir l'utilisation de la bioaccessibilité, des recommandations opérationnelles ainsi qu'une nouvelle démarche d'intégration de la bioaccessibilité dans les évaluations des risques sanitaires ont été proposés répondant au mieux à certaines difficultés rencontrées par les opérateurs lors de l'utilisation de la bioaccessibilité.