Thèse soutenue

Exploration et exploitation de la composante inflammatoire du chondrosarcome pour une optimisation de sa prise en charge

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Auteur / Autrice : Rohan Quoniou
Direction : Florent Cachin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie santé
Date : Soutenance le 04/12/2024
Etablissement(s) : Université Clermont Auvergne (2021-...)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des sciences de la vie, santé, agronomie, environnement (Clermont-Ferrand)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Imagerie Moléculaire et Stratégies Théranostiques
Jury : Président / Présidente : Gonzague du Bouexic de Pinieux
Examinateurs / Examinatrices : Caroline Peyrode, Aurélie Dutour
Rapporteurs / Rapporteuses : Catherine Paul, Cédric Gaggioli
DOI : 10.70675/763d9de9z3ffez4355zb74bzf60f998b4977

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Le chondrosarcome (CHS), ou tumeur maligne du cartilage, est une maladie orpheline résistante à la chimio- et radiothérapie. Aujourd'hui, la prise en charge thérapeutique repose essentiellement sur la chirurgie, une technique lourde et invalidante. Il est donc urgent de proposer aux cliniciens de nouvelles stratégies thérapeutiques.Comme de nombreuses pathologies tumorales, le chondrosarcome possède un micro-environnement immunitaire riche en Macrophages Associés aux Tumeurs (TAMs), majoritairement de phénotype M2 et présentant des fonctions pro-tumorales. Ces TAMs, qui peuvent représenter jusqu'à 50 % de la masse tumorale, pourraient constituer une cible thérapeutique d'intérêt, encore peu exploitée dans le CHS.C'est dans ce contexte que s'inscrit ce travail de thèse.Dans un premier temps, un modèle in vitro de co-culture en trois dimensions a été développé. Ce modèle, constitué d'une part (i) de cellules de chondrosarcome humain (JJ012, CHS conventionnel de grade II ou CH2879, CHS conventionnel de grade III) et d'autre part (ii) de monocytes humains (THP-1), a été caractérisé et son aptitude à reproduire les principales caractéristiques de la tumeur in vivo a été confirmée. Ce modèle mime le recrutement des monocytes par les cellules tumorales et leur différenciation en macrophages essentiellement de phénotype M2 corrélée à une augmentation de la sécrétion de MMP-9 et COX-2. Il constitue ainsi un modèle in vitro d'intérêt pour l'évaluation d'immunomodulateurs ciblant les TAMs.Dans un deuxième temps, le mifamurtide, un immunomodulateur, a été évalué seul et en co-traitement avec la doxorubicine (i) in vitro via le modèle de co-culture en 3D précédemment développé puis (ii) in vivo dans un modèle de xénogreffe de chondrosarcome humain. Les résultats obtenus ont permis de mettre en évidence l'intérêt du mifamurtide dans la potentialisation de la chimiothérapie, via une action sur les TAMs. In vivo, l'association mifamurtide/doxorubicine entraîne une diminution du volume tumoral significativement plus importante que lorsque la doxorubicine est administrée seule. Cet effet est également associé à une modification de la composante macrophagique.Enfin, dans le cadre d'un projet plus large soutenu par la Ligue Contre Le Cancer, une étude visant à identifier, à partir de tumeurs de patients atteints de CHS, des potentielles cibles thérapeutiques d'intérêt ou des marqueurs diagnostics, a été initiée. Ainsi, dans le cadre de cette thèse, une étude transcriptomique préliminaire de 160 gènes a été réalisée. Celle-ci a permis l'identification de cibles thérapeutiques potentielles corrélées aux TAMs M2, ainsi que l'identification de marqueurs prédictifs jouant un rôle dans l'entretien de l'inflammation tumorale.L'ensemble de ce travail de thèse ouvre la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques prometteuses, visant à améliorer la prise en charge des patients atteints de CHS, en ciblant les interactions immunitaires au sein de la tumeur.