Le bâti des agriculteurs en circuits courts de proximité : dynamiques territoriales, défis et innovations en Occitanie
| Auteur / Autrice : | Orlane Rouquier |
| Direction : | Michaël Pouzenc, Valérie Olivier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Géographie |
| Date : | Soutenance le 11/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université de Toulouse (2023-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (Toulouse) |
| Partenaire(s) de recherche : | Établissement délivrant conjointement le doctorat : Université Toulouse - Jean Jaurès (1970-....) |
| Laboratoire : Laboratoire interdisciplinaire Solidarités, sociétés, territoires (Toulouse) | |
| Jury : | Président / Présidente : Philippe Madeline |
| Examinateurs / Examinatrices : Claire Delfosse, Hervé Cividino, Coline Perrin | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Claire Aragau |
Mots clés
Résumé
Les initiatives de reterritorialisation de l’agriculture et de l’alimentation en cours conduisent, avec l’ancrage et la diversification des productions agricoles et alimentaires à l’échelle des exploitations et du territoire, à de nouveaux besoins en bâtis. Cette thèse propose d’analyser les reconfigurations spatiales, architecturales et organisationnelles des bâtiments utilisés par les agriculteurs en circuits courts de proximité − une forme spécifique de reterritorialisation − pour travailler et vivre au quotidien. Le bâti est ainsi utilisé comme un prisme révélant les dynamiques de reterritorialisation et de recomposition agricoles dans les espaces ruraux. Nous nous intéressons pour cela i) aux bâtiments eux-mêmes (et à leur trajectoire de développement, depuis la conception jusqu’à la construction et aux (ré)aménagements), ii) aux pratiques et aux représentations des acteurs locaux (agriculteurs, chargés de mission, élus, gestionnaires d’ateliers, architectes, etc.), iii) et aux territoires et aux paysages dans lesquels s’insèrent ces projets. Une méthodologie qualitative multiscalaire − à l’échelle des bâtiments, des exploitations agricoles et du territoire − a été déployée, reposant sur 101 entretiens semi-directifs, deux observations participantes et un corpus de 546 photographies. L’analyse de ce matériau à l’échelle de l’Occitanie, et en mettant en regard plus spécifiquement trois terrains d’étude ruraux en son sein (Pays Cœur d’Hérault, Sud-Lozère et Couserans), conduit à trois principaux apports scientifiques. D’abord, le diagnostic régional à dires d’acteurs met en lumière la diversité des bâtis et des modèles agricoles et alimentaires associés en Occitanie, ainsi que les chemins de transition amorcés à différentes échelles. Dans un second temps, l’analyse détaillée de 221 bâtiments, répartis dans 58 études de cas, comprenant 38 exploitations agricoles, trois pôles de distribution alimentaire et 17 pôles de production agroalimentaire, montre les besoins particuliers des agriculteurs en circuits courts de proximité en matière de bâtis. Au-delà des solutions de bâti clé en main conventionnelles, elle montre aussi la diversité des innovations nécessaires pour s’adapter au contexte local et aux spécificités des projets. Enfin, cette thèse révèle les reconfigurations territoriales des bâtiments et de leur gestion, au sein de fermes existantes ou créées ex-nihilo, et souligne l’ingénierie territoriale nécessaire pour favoriser la mise en œuvre des projets, portés en grande part par des néo-agriculteurs. Cette thèse confirme ainsi la pertinence du bâti comme prisme pour aborder les évolutions agricoles. Elle invite à considérer davantage le bâti agricole dans la planification régionale, dans une perspective d’agriurbanisme.