Thèse soutenue

Les écrevisses exotiques envahissantes : vecteurs du pathogène Aphanomyces astaci et impacts chez les écrevisses autochtones

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Auteur / Autrice : Maud Laffitte
Direction : Frédéric Grandjean
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie des populations et écologie
Date : Soutenance le 20/12/2024
Etablissement(s) : Poitiers
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Rosalind Franklin (Poitiers ; 2022-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Écologie et biologie des interactions - EBI (Poitiers ; 2012-....) - Écologie et biologie des interactions [UMR 7267] / EBI [Poitiers]
Faculte : Université de Poitiers. UFR des sciences fondamentales et appliquées (1896-....)
Jury : Président / Présidente : Thierry Bergès
Examinateurs / Examinatrices : Karine Monceau
Rapporteurs / Rapporteuses : Jérôme Moreau, Juliette Emilie Smith-Ravin
DOI : 10.70675/39f1340cz05e0z4360zb277ze24030aab5b4

Résumé

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Les écosystèmes d'eau douce abritent une biodiversité exceptionnelle par rapport à la surface limitée qu'ils occupent, ce qui les rend particulièrement vulnérables, vis-à-vis de l'introduction d'espèces exotiques. Les invasions biologiques sont en constante augmentation notamment les écosystèmes d'eaux douces. Les écrevisses exotiques envahissantes d’origine américaine en sont le parfait exemple d’autant plus qu’elles sont porteuses saines d‘un oomycète pathogène, Aphanomyces astaci impliqués dans de nombreuses épizooties d’écrevisses autochtones en Europe. Cette étude vise à réactualiser l’aire de distribution des populations d’écrevisses nord-américaines en France. La caractérisation de la présence en milieu naturel de l’écrevisse à tâches rouges, Faxonius rusticus sur l’Aveyron (non répertoriée en Europe) porteuse d’une souche spécifique d’Aphanomycose est considérée comme fortement préoccupante car hautement invasive. Cette étude évalue également le rôle de ces écrevisses envahissantes en tant que réservoirs d'A. astaci. Nous avons d'abord démontré que Procambarus clarkii et Pacifastacus leniusculus sont les principaux vecteurs d'A. astaci en France, jouant un rôle crucial en tant que réservoirs du pathogène et à l’origine de nombreuses épizooties dans les peuplements d’écrevisses à pattes blanches. Le suivi des prévalences dans le temps révèle également une dynamique spatio-temporelle à l’échelle intrapopulationnelle. La présence de populations sympatriques d’espèces nord-américaines au sein de même stations, a révélé des transferts interspécifiques de souches d’A. astaci. Ainsi une souche fortement virulente (en termes de sporulation et d’effet sur l’hôte naïfs) pourrait se propager à l’échelle du territoire par ses transferts interspécifiques. A terme elle pourrait engendrer des plus forts évènements de mortalités au sein des populations d’écrevisses natives. La caractérisation des différentes souches d'A. astaci est donc cruciale pour mieux comprendre les dynamiques épidémiques du pathogène dans les écosystèmes. Afin d'améliorer la précision de ces études, de nouveaux microsatellites ont été développés pour détecter la variabilité intra-groupe au sein des souches d'A. astaci. Ces outils permettent non seulement de différencier les génotypes du pathogène, mais aussi de comprendre l'origine des épidémies et de suivre leur propagation dans les écosystèmes affectés. Il a été montré des populations d’écrevisses natives dites résistantes à des évènements de peste, la caractérisation des gènes impliqués dans la réponse immunitaire semble une étape incontournable pour développer des stratégies de conservation plus efficaces. Des efforts en termes de stratégies de gestion des espèces exotiques envahissantes sont également essentielles afin de préserver l'intégrité des écosystèmes aquatiques dans leur ensemble.