Thèse soutenue

« Déchets du BTP » et « Économie Circulaire » : de la matière déchue au matériau politique : saisir la matérialisation politique de la transition écologique en Occitanie à partir des déchets - matériaux de (dé)construction en circulation.

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Auteur / Autrice : Audrey Dupont-Camara
Direction : David Giband
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Aménagement
Date : Soutenance le 18/10/2024
Etablissement(s) : Perpignan
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale INTER-MED (Perpignan ; 2011-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Acteurs, ressources et territoires dans le développement (Montpellier ; Perpignan)
Jury : Président / Présidente : Nathalie Ortar
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Baptiste Bahers, Sylvain Rode
Rapporteurs / Rapporteuses : Patrice Melé, Muriel Maillefert
DOI : 10.70675/d443a023zbc29z4ee0z9188zfd1f17cdf27c

Résumé

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Cette recherche doctorale souhaite réhabiliter une approche processuelle de l'Anthropocène, compris comme une dynamique particulière, basée sur des relations aux non-humains évolutives, avec de forts impacts sur les « effets systémiques globaux » qui sont susceptibles de retreindre la possibilité des humains de maîtriser l'orientation des trajectoires locales (Beau et Larrère, 2018). Pour ce faire, les « déchets du BTP » ou les déchets-matériaux de (dé)construction sont problématisés en tant que « matériaux politiques » (« political matter » - Braun et Whatemore, 2010 ; Pilo' et Jaffe, 2020), à la fois physiques et discursifs (Rudolf, 2012), investis par des acteurs diversifiés à différentes échelles et au centre des jeux de pouvoir. À travers la sociologie des associations (Latour, 2007), la lecture matérielle et relationnelle (Blanc et al., 2020) proposée ici inclut l'ensemble des groupes sociaux reliés par ces matières physiques ou discursives : ceux qui interagissent directement avec ces déchets ou matériaux ; ceux qui décident ou sont responsables de leur gestion ; ceux qui en parlent et se mobilisent autour de leur gestion. Au-delà de l'aspect sociotechnique, la narration par les circulations im/matérielles (Choplin, 2020 ; Quet, 2022) de ces déchets-matériaux a démontré leur caractère politique et leur sociabilisation autour des problématiques des dépôts sauvages et des pollutions industrielles à l'échelle locale. Dans un contexte de transition vers l'Économie Circulaire annoncée par les politiques écologiques (loi LTECV de 2015 ; loi AGEC de 2020), l'entrée par les matières en circulation a ensuite rendu visible la dynamique contemporaine de globalisation (Abélès, 2008) du référentiel d'Économie Circulaire dans les milieux du déchet comme de la construction. Elle a permis d'observer les glissements thématiques d'une stratégie politique à l'autre à l'échelle (supra)nationale comme le travail de traduction (Akrich et al., 2013) complexe, long et sinueux des acteurs régionaux afin de prendre en main ces sujets. Passant du politique à l'action, cette thèse s'est concentrée sur la structuration de l'action publique autour de la transition vers l'Économie Circulaire dans la construction à l'échelle régionale. Cette analyse dissocie le fond de la forme en distinguant les trajectoires politiques des transitions écologiques (depuis la gestion plus circulaire des déchets à la transition des pratiques constructives), des modes opératoires choisis par les acteurs (animation, soutien financier, constitution de réseaux). Repérant le mouvement d'individuation (Abélès, 2008) au sein de la Région Occitanie, cette thèse interroge la stratégie politique singulière de cet acteur et les transformations observées dans l'action écologique – ici rattachée aux « déchets du BTP ». Enfin, dans une perspective holistique, l'objectif final était de qualifier ce que signifie « agir pour l'écologie » pour cette collectivité dont l'action publique écologique est balbutiante mais innovante (Laboratoire des Transitions et Pacte Vert pour l'Occitanie). Ainsi, l'analyse par les transitions institutionnelles et socio écologiques (Carrère et al., 2019) a permis d'enquêter la montée en compétences et la matérialisation d'une politique écologique au sein de la Région Occitanie, qui s'est appuyée sur la territorialisation des politiques de l'Économie Circulaire introduite à l'échelle régionale par le thème des déchets