Thèse soutenue

Innovations financières digitales, migrations et développement en Afrique Sub-saharienne

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Auteur / Autrice : Ursule Manuela Ngaba Aboudi
Direction : Isabelle LiotardJoël Oudinet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance le 04/12/2024
Etablissement(s) : Paris 13
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'écononomie de Paris Nord (Villetaneuse)
Jury : Président / Présidente : Samira Guennif
Examinateurs / Examinatrices : Vanessa Casadella, Hervé Lohoues, Cécile Fonrouge
Rapporteurs / Rapporteuses : Michel Dimou, Valérie Revest-Arliaud

Résumé

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Cette thèse examine la manière dont les innovations financières digitales telles que les plateformes de financement participatif et le mobile money influencent les comportements des migrants en matière de transfert de fonds individuels et collectifs, ainsi que leur impact sur le développement économique en Afrique sub-saharienne. L’Afrique sub-saharienne connaît une croissance rapide en matière d’adoption des technologies financières, souvent en réponse à l’inaccessibilité des services bancaires traditionnels. Parallèlement, les migrations internationales, tant intra-africaines qu’intercontinentales, jouent un rôle crucial dans les dynamiques économiques de la région, notamment par les transferts de fonds des migrants. Ce travail de recherche s’articule autour de trois articles distincts et adopte une approche mixte combinant une analyse quantitative et qualitative. Le premier chapitre révèle que les individus qui possèdent et utilisent un compte mobile money sont moins susceptibles d’envoyer des fonds par un canal informel de transfert (Amis, famille, courrier, Hawala. . . ). La décomposition des pays par quartile d’index de niveau de développement financier montre que l’impact négatif du mobile money sur le recours aux canaux informels est plus prononcé dans des pays caractérisés par un système financier insuffisamment développé. Le second chapitre met en évidence l’existence d’une relation positive entre l’utilisation du mobile money et la mise en place d’une activité génératrice de revenu non agricole. Cette relation passe par le canal des transferts des fonds et est fonction de la fréquence de réception de ces transferts. Plus précisément, le mobile money accroit la probabilité de recevoir des transferts de fonds. Cependant, les individus qui reçoivent régulièrement des transferts de fonds ont une plus faible probabilité de créer une activité génératrice de revenu non agricole que ceux qui en reçoivent moins fréquemment. Le troisième chapitre s’intéresse aux plateformes de crowdfunding de micro-crédit et à la perception qu’ont les Organisations de Solidarité Internationales des Migrants (OSIM) maliens concernant leur développement. L’analyse thématique montre que les OSIM ne considèrent pas les plateformes comme une menace pour la survie de leur activité de financement entrepreneurial et de développement local. Les deux acteurs ont des points communs et complémentaires qui pourraient permettre de mieux servir les populations cibles dans les pays en développement. Les technologies des plateformes de crowdfunding de microcrédit pourraient permettre un déploiement optimal de la philanthropie des OSIM et, à son tour, la diaspora via les OSIM pourraient proposer des réseaux et des connaissances qui peuvent compenser les vulnérabilités des plateformes de crowdfunding de microcrédit. Les résultats de cette recherche éclairent les mécanismes par lesquels les innovations financières digitales facilitent les transferts de fonds et renforcent leur impact sur le développement en Afrique sub -saharienne. Les implications pour les politiques publiques sont explorées, mettant en lumière l’importance de promouvoir l’inclusion financière à travers des technologies accessibles, abordables, fiables et efficaces pour un développement durable.