Thèse soutenue

Identification des mécanismes cellulaires et moléculaires gouvernant la transformation maligne dans la Neurofibromatose de Type 1, en assurant la reproductibilité des analyses transcriptomiques

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Auteur / Autrice : Audrey Onfroy
Direction : Piotr TopilkoDenis Thieffry
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie cellulaire et moléculaire
Date : Soutenance le 27/09/2024
Etablissement(s) : Paris 12
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la Vie et de la Santé (Créteil ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut Mondor de Recherche Biomédicale (Créteil) - Institut Mondor de Recherche Biomédicale / IMRB
Jury : Président / Présidente : Raphaël Margueron
Examinateurs / Examinatrices : Piotr Topilko, Denis Thieffry, Eduard Serra Arenas, Loredana Martignetti, Sarah Cohen-Boulakia
Rapporteurs / Rapporteuses : Eduard Serra Arenas, Loredana Martignetti

Mots clés

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Résumé

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La Neurofibromatose de Type 1 (NF1) est un syndrome causé par une haploinsuffisance du gène NF1 et affecte une naissance sur 3 000 dans le monde. Les patients sont prédisposés au développement de tumeurs des gaines nerveuses périphériques (PNSTs), issues de la lignée des cellules de Schwann ayant subi une perte de fonction de la seconde copie de NF1. Parmi les PNSTs, les neurofibromes plexiformes (pNFs) sont des tumeurs bénignes à croissance lente pouvant devenir défigurantes et douloureuses. Ces pNFs peuvent se transformer en PNSTs malins (MPNSTs) via un stade transitoire (neurofibrome dysplasique, dyNF). Les options thérapeutiques sont limitées en raison d'une faible caractérisation des mécanismes conduisant à cette progression tumorale.Notre laboratoire a développé un modèle murin qui reproduit fidèlement la pathogénie de divers types de neurofibromes, y compris la transformation maligne. Dans ce modèle, l'inactivation de la protéine NF1 est restreinte aux cellules des capsules frontières, un type spécifique de cellule gliale périphérique probablement à l'origine de ces tumeurs. Ce modèle offre une opportunité unique pour étudier l'initiation et la progression tumorale. Nous avons utilisé la technologie de séquençage d'ARN sur cellules uniques (scRNA-Seq) pour étudier l'hétérogénéité cellulaire de ces tumeurs. L'objectif biologique de ma thèse était d'analyser ces données afin de décoder les mécanismes cellulaires et moléculaires régissant l'initiation et la progression maligne des tumeurs. L'objectif computationnel était d'assurer la reproductibilité des analyses, au niveau des publications scientifiques.Le traitement des données scRNA-Seq se compose de deux étapes principales, s'accentuant autour d'une matrice de comptage gènes-par-cellules. La première étape est reproductible et réutilisable au sein du laboratoire. A partir des matrices de comptage, un cadre informatique a été développé pour des analyses modulaires, reproductibles et lisibles.Nous avons généré un atlas transcriptomique unique des nerfs périphériques, révélant les mécanismes précoces conduisant à l'initiation des pNFs. Les nerfs précédant les pNFs sont plus épais (hyperplasiques) et caractérisés par une activité pro-fibrotique dans les cellules de Schwann tumorales, un profil pro-inflammatoire dans les fibroblastes endoneuriaux, et l'expansion d'une sous-population spécifique de macrophages endoneuriaux. Ce phénotype est accentué par l'haploinsuffisance de Nf1 et les traumas cutanés chroniques. Dans notre modèle murin, les MPNSTs se développent uniquement dans ce contexte de traumas, soulignant le rôle de l'inflammation dans la progression tumorale.Nous avons confirmé l'origine dyNF des MPNSTs par des expériences d'allogreffes. La transformation maligne se caractérise par la perte de marqueurs gliaux dans les cellules de Schwann tumorales et l'acquisition de caractéristiques mésenchymateuses. Des recherches supplémentaires ont démontré que notre modèle murin reproduit la perte génétique de Cdkn2a, l'événement génétique initial dans la progression tumorale chez les patients. Nous avons identifié le facteur de transcription SOX9 comme biomarqueur des MPNSTs. L'expression soutenue de SOX9 est associée à l'activité de la voie de signalisation Ras, la positionnant comme une cible thérapeutique potentielle dans les MPNSTs.En conclusion, notre travail présente le premier modèle qui récapitule la progression progressive des PNSTs, déclenchée par des traumas cutanés chroniques. Nous avons généré un atlas transcriptomique unique des premiers stades précédant la formation des pNFs et de la transformation maligne, sur deux fonds génétiques. Tandis que l'haploinsuffisance de Nf1 induit un phénotype plus sévère dans les nerfs hyperplasiques, elle n'affecte pas la composition des MPNSTs. Nos résultats offrent de nouvelles perspectives sur la pathogénie des PNSTs et guident le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.