Thèse soutenue

Description épidémiologique, étiologique et pronostique des nécrolyses épidermiques à partir des données du Système National des Données de Santé

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Auteur / Autrice : Thomas Bettuzzi
Direction : Émilie Sbidian
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Santé publique - recherche clinique
Date : Soutenance le 20/12/2024
Etablissement(s) : Paris 12
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Santé Publique (Le Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne ; 2015-...)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Epidemiology in dermatology and evaluation of therapeutics (Créteil) - Epidemiology in Dermatology and Evaluation in Therapeutics / EpiDermE
Jury : Président / Présidente : Vincent Descamps
Examinateurs / Examinatrices : Émilie Sbidian, Leslie Grammatico-Guillon, Antoine Pariente, Saskia Oro, Anne-Claire Bursztejn, Catherine Droitcourt
Rapporteurs / Rapporteuses : Leslie Grammatico-Guillon, Antoine Pariente
DOI : 10.70675/d6d48f40z82f2z4670z979ez549726262060

Mots clés

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Résumé

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Introduction : La nécrolyse épidermique (NE) comprenant le syndrome de Stevens Johnson (SJS) et la nécrolyse épidermique toxique (NET) est une réaction sévère caractérisée par un décollement brutal de la peau et des muqueuses. Elle est principalement causée par des médicaments. La mortalité hospitalière est élevée, entre 15 et 20% des patients. La rareté de la NE complique l’étude de ses causes et sa morbi-mortalité, pendant la phase aiguë, mais également à moyen et long terme.Objectifs : Les objectifs de cette thèse étaient : (i) de définir un algorithme de sélection des patients avec NE sur base médico-administrative pour étudier la NE sur le Système National des Données de Santé (SNDS) ; (ii) de comparer les NE de l’enfant et de l’adulte en termes d’incidence, de causes et de mortalité ; (iii) de comparer les facteurs associés à la mortalité intrahospitalière et après sortie d’hospitalisation chez les patients adultes et (iv) d’évaluer le taux de rechute et de réexposition médicamenteuseMéthodes : Nous avons utilisé l’entrepôt des données de santé de l’APHP afin de valider notre algorithme de sélection, puis le SNDS. Des modèles de régression logistique et de Cox multivariés étaient réalisés pour recueillir les facteurs associés : avec la présence d’un médicament suspect sous forme d’Odd ratio ajusté (ORa), et avec la mortalité sous forme de Hazard ratio ajusté (HRa), respectivement.Résultats : Nous avons tout d’abord construit un algorithme de sélection. Cet algorithme présentait une sensibilité de 59% et une spécificité de 93% pour les SJS, et une sensibilité de 90% et une spécificité de 93% pour les NET. Nous avons ainsi pu sélectionner 1440 patients sur le SNDS, comprenant 1221 adultes et 219 enfants. L’incidence était de 1,7 cas par million et par an pour les enfants contre 2,6 cas par million et par an pour les adultes. De plus, les enfants recevaient moins souvent un médicament suspect, dans 93/219 (42,5%) cas contre 829/1221 (67,9%) pour les adultes, avec un ORa de 0,43 (IC95% : 0,32-0,59). La mortalité intrahospitalière était de 1,4% (IC95% : 0,4%-3,7%) pour les enfants contre 19,4% (IC95% : 17,3%-21,7%) pour les adultes, avec un HRa de 0,12 (IC95% : 0,04-0,38). Ensuite, parmi la population d’adultes, nous avons mis en évidence les principaux facteurs de risque de mortalité intrahospitalière, qui étaient la sévérité de la maladie, avec un HR de 2,18 (IC95% : 1,52-3,13) pour le diagnostic de NET contre SJS, et un HRa de 1,88 (IC95% :1,33-2,66) pour une hospitalisation en soins intensifs. Les comorbidités étaient également associées, avec un HRa de 1,82 (IC95% : 1,10-3,02) pour la démence, 1,85 (IC95% : 1,27-2,69) pour l’existence d’une maladie hépatique et 2,13 (IC95% : 1,61-2,83, p<0.0001) pour le cancer. A l’inverse, la sévérité initiale (NET versus SJS et séjour en soins intensifs) n’était plus associée à un plus grand risque de mortalité après sortie d’hospitalisation. En revanche, les complications de la maladie étaient associées, avec un HRa de 2,15 (IC95% : 1,27-3,64) pour l’insuffisance rénale aiguë, comme l’étaient les comorbidités initiales (cancer, maladie hépatique et démence). Enfin, le taux de rechute était de 2,2%, avec une faible réexposition des médicaments à forte notoriété quand suspects (1 ré-exposition sur 65 cas avec prise de lamotrigine, avec 1 rechute), mais une forte réexposition quand les pénicillines et les inhibiteurs de la pompe à protons étaient suspects (12/42 amoxicilline et 12/38 pantoprazole), sans rechute mise en évidence sauf pour 1 patient avec pantoprazole.Conclusion : Ces travaux ont permis de valider un algorithme diagnostique utile pour les bases médico-administratives. Nous avons identifié de nouveaux facteurs pronostiques des NE en phase aiguë (démence et maladie hépatique), qu’il conviendra d’ajouter au SCORTEN, principal score pronostic, afin de vérifier leur validité. L’existence de possible facteurs de risque transitoires de NE devraient être évaluée.