Des voix déviées : migration des jeunes filles tseltales de San Juan Cancuc « perdues » à Mexico DF
| Auteur / Autrice : | Juliette Danfakha |
| Direction : | Valentina Vapnarsky |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Anthropologie |
| Date : | Soutenance le 29/05/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (Nanterre ; 1967-...) - Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative |
| Jury : | Président / Présidente : Capucine Boidin-Caravias |
| Examinateurs / Examinatrices : Valentina Vapnarsky, Capucine Boidin-Caravias, Françoise Lestage, Sergio Romero, Sylvie Pédron-Colombani, Marie Chosson, Maria de Lourdes de León Pasquel, Alejandra Aquino Moreschi | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Capucine Boidin-Caravias, Françoise Lestage |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Comme nombre de populations autochtones depuis la conquête, au Mexique, une grande majorité de Mayas se pense liée à un territoire rural traditionnel. A San Juan Cancuc, le départ vers les villes modernes des « jeunes filles non-mariées » n'est donc pas anodin. Afin de cerner en quoi le mode de vie de la capitale, en particulier, est conçu en opposition à celui qui constitue l’identité de ce municipe, nous avons mis en place une méthode de recueil et de restitution de récits de ces ach’ix en langue tseltale. En effet, puisqu’elles échouent à remplir l’attitude sédentaire incombant à leur statut communautaire, les jeunes filles nubiles qui se rendent à Mexico DF, littéralement, « n’existent plus » (mayuk, mayik) à San Juan Cancuc. Le champ lexical de la « perte » (ch’ayel, ch’ay) et de la prostitution qui court depuis leur municipe d’origine jusqu’à Mexico DF, permet aux élites masculines d’éluder plus ou moins sciemment la richesse de l’expérience urbaine des migrantes. Or, considérer les témoignages de leurs parents restés dans la communauté nous a permis de révéler comment elles contribuent activement à la reproduction de leur société autochtone. Les stratégies de défense des intérêts collectifs sur lesquelles débouchent leurs mobilités singulières nous invitent ainsi à discuter les enjeux politiques sous-tendus par le comportement « respectueux » (ich’el ta muk’) attendu des jeunes filles par les autorités tseltales. En se fondant sur les résultats d’une observation participante de plus d’un an et demi entre la capitale et les communautés, notre thèse s’attache finalement à saisir les ambiguïtés d’une construction réciproque des altérités au sein d’un paradigme genré.