Déni, démenti et politiques de l’ignorance : les femmes Noires diplômées face au racisme en France
| Auteur / Autrice : | Carmen Diop |
| Direction : | Nacira Guénif Souilamas |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance le 17/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris 8 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Pratiques et théories du sens (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire d'études de genre et de sexualité (2014-...) |
| Jury : | Président / Présidente : Sylvie Tissot |
| Examinateurs / Examinatrices : Djaouidah Sehili, Nadia Yala Kisukidi, Pascale Molinier | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Élise Palomares, Djaouidah Sehili | |
| DOI : | 10.70675/e002b5caz1b3bz49e6z83fez85c715e42d35 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
L’objectif de cette thèse est de comprendre pourquoi des femmes Noires diplômées confrontéesau racisme dans tous les domaines de leur vie quotidienne en France, en nient activement lesmanifestations et les effets. Basée sur des entretiens biographiques réalisés entre 2008 et 2014avec cinquante femmes d’origines géographiques1 et culturelles diverses et aux profilsprofessionnels différents, sa problématique est de dévoiler les mécanismes historiques, sociauxet psychiques qui soutiennent leur déni et leur ignorance d’un phénomène dont elles sontvictimes, par le biais d’une conceptualisation originale des approches psychanalytiques qui ontexploré le racisme dans les relations (post)coloniales. La première partie explore et questionneles paradigmes hégémoniques de l’environnement académique, politique et médiatique danslequel surgit cette thèse. La deuxième partie présente mon hypothèse selon laquelle les conceptspsychanalytiques permettent de dévoiler que leur déni et leur ignorance des rapports dedomination raciste se construisent dans le cadre d’interactions abusives imposées par la« Blanchité-Colonialité» ; la méthodologie intersectionnelle et décoloniale que j’associe àl’approche phénoménologique, ainsi que les paradigmes esthétiques que j’ai choisis pourexposer mes résultats. Elle est suivie par l’exposé de mon cadre théorique pluridisciplinaire quiemprunte les concepts de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse, de laphilosophie politique et morale, des Black Feminisms et des Afroféminismes, des pensées postet décoloniales, des Critical Race Theories, des Disabiliy Studies, de la psychodynamique et dela sociologie du travail, pour analyser les mécanismes sous-jacents du narcissisme groupalraciste et ses effets sur le psychisme individuel que la sociolinguistique critique dévoile dansles discours. La quatrième partie présente le terrain et les méthodologies de recueil des donnéeset d’analyse liées aux corpus explorés. Les deux dernières parties exposent mes résultats : lacinquième présente une esquisse de la construction identitaire articulée autour de l’analysesémiologique de présentations de soi sur le web, et de variations qui explorent la problématiquede la reconnaissance. Enfin, la sixième partie présente les adaptations des théories sur lesquelless’appuie mon postulat de l’incorporation des défenses narcissiques racistes par les victimesdans le cadre d’un abus intersubjectif, et mes analyses des rhétoriques qui légitimentl’exclusion, la violence, l’humiliation et l’exploitation et contribuent à leur reproduction. Dansdes contextes politiques, économiques et socioculturels variés, elle présente les formescontrastées de la « charge cognitive intersectionnelle » résultant du gaslighting, phénomènesociologique et épistémique qui naturalise la domination et assure la pérennité du racismestructurel, et le traumatisme qui en découle. La thèse se conclut par l’exploration des formes derésistance des participantes avant l’avènement des revendications afroféministes quiquestionnent les SHS françaises et que j’examine à travers des données issues ducyberactivisme.