Thèse soutenue

Coopération et subversion dans les assemblages de campagne : le cas de la campagne du parti libéral démocrate pour les élections à l'Autorité du Grand Londres en 2021

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Auteur / Autrice : Clémence Lévêque
Direction : Emmanuelle Avril
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études du monde anglophone
Date : Soutenance le 06/12/2024
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Mondes Anglophone, Germanophone, Iranien, Indien et Etudes Européennes (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur les mondes anglophones (Paris ; 2009-....)
Jury : Président / Présidente : Pauline Schnapper
Examinateurs / Examinatrices : Emmanuelle Avril, Pauline Schnapper, Rémi Lefebvre, Karine Tournier-Sol, Agnès Alexandre-Collier, Clément Desrumaux
Rapporteurs / Rapporteuses : Rémi Lefebvre, Karine Tournier-Sol

Résumé

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Cette thèse explore les conséquences des élections ingagnables sur l’organisation des partis politiques. Elle prend pour étude de cas la campagne des libéraux démocrates britanniques lors des élections à l’Autorité du Grand Londres en 2021. Cette étude ethnographique, au concret et par le bas, repose sur neuf mois d’observation participante et plus de 90 entretiens qualitatifs. Elle met en exergue les dynamiques de coopération et de subversion entre les différents acteurs de l’assemblage de campagne du parti lors de ce scrutin et permet de renouveler l’étude de la répartition du pouvoir au sein du parti et d’éclairer les défis de la reconstruction post-coalition du parti entamée en 2015. Malgré la mise en place de mécanismes d’incitation pour favoriser la coopération des différents groupes de l’assemblage, nous observons l’émergence de dynamiques centrifuges et subversives. Celles-ci naissent de l’importance accordée à l’échelon local et aux community politics dans la culture du parti, à sa structure fédérale et décentralisée et à son attachement idéologique à la liberté individuelle, ainsi qu’aux disparités de développement, de ressources et d’intérêts des différents acteurs intra-partisans. Loin de révéler une organisation hiérarchique, l’étude de cette campagne montre le caractère partagé et négocié du pouvoir, la capacité de résistance et d’agentivité de la base militante et l’absence de mécanismes de sanction disponibles aux échelons supérieurs. Nous démontrons que les difficultés du parti à unifier des intérêts de court-terme divergents nuisent à l’efficacité de l’effort de campagne et, ultimement, à l’objectif commun de long-terme, celui de la reconstruction au niveau national.