Ut chorea sculptura : variations autour du sculptural au prisme de la danse et du concept d'espace
| Auteur / Autrice : | Rodrigue Vasseur |
| Direction : | Jacinto Lageira |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Esthétique |
| Date : | Soutenance le 14/03/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Arts plastiques, esthétique et sciences de l'art (Paris ; 1998-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut ACTE (Paris ; 2012-...) |
| Jury : | Président / Présidente : Paul-Louis Rinuy |
| Examinateurs / Examinatrices : Jacinto Lageira, Paul-Louis Rinuy, Patricia Limido-Heulot, Barbara Formis | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Paul-Louis Rinuy, Patricia Limido-Heulot |
Mots clés
Résumé
Que peuvent bien avoir en commun la danse et la sculpture pour faire l’objet d’un si grand rapprochement ? C’est en portant mon attention sur la situation catachrétique de la sculpture que j’ai pressenti le dénouement par le rôle crucial qu’y occupe la danse. C’est à partir d’un Rodin nietzschéen que mon étude a pris une tout autre tournure, faisant du mot « depuis » du titre de la thèse, un repère anachronique à la fois tourné vers la sculpture du 20e siècle et un lointain passé. Cette double orientation est à l’origine de la dialectique esthétique de l’ut chorea sculptura, nom que j’ai donné au cadre épistémologique de mon étude consacrée à un art qui a renoué avec ses origines dionysiaques en recouvrant la caractéristique d’être jouée (propre aux arts du spectacle) ou, plus justement, d’être vécue (propre aux actes rituels). L’envahissement de l’espace par la sculpture et le mouvement du visiteur-danseur autour et à l’intérieur de celle-ci sont, selon moi, les deux variations sculpturales majeures ayant mené la sculpture là où elle en est aujourd’hui. Cette résurgence dont j’ai décelé les prémices épistémologiques chez certains auteurs, j’en ai moi-même eu le pressentiment lors d’une visite d’un couloir-rituel de Bruce Nauman, et pour lequel il me fallait jusque-là me contenter d’admettre une part d’inexplicable que j’ai tenté, par cette étude, d’élucider le plus possible. Je suis donc parti sur les traces explicatives de cette intuition dont j’ai tenté de faire en filigrane l’historiographie. Le faisceau d’indices constitué au terme d’une longue investigation démontre en effet que la prise en compte de l’espace et du corps du visiteur est devenue la raison d’être de la sculpture du 20e siècle par l’entremise de la danse. Cette thèse porte donc sur la façon dont la sculpture, d’un bout à l’autre de son champ élargi par la danse, a largement outrepassé ses propres frontières disciplinaires jusqu’à atteindre, en revenant sur ses propres pas et retraversant le pont rituel du retour à la vie ainsi qu’à l’espace naturel, une forme de reviviscence aux profondes et nécessaires répercussions phénoménologiques et anthropologiques.