Thèse soutenue

Les établissements publics culturels nationaux et l’État : une étude sur la personnalité morale en droit administratif

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Lara Tartour
Direction : Laetitia Janicot
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit public
Date : Soutenance le 18/12/2024
Etablissement(s) : Paris 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de droit de la Sorbonne (Paris ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (Paris ; 2015-....)
Jury : Président / Présidente : Olivier Renaudie
Examinateurs / Examinatrices : Laetitia Janicot, Jean-Marie Pontier
Rapporteurs / Rapporteuses : Olivia Bui-Xuan, Jean-François Lafaix
DOI : 10.70675/ed70855cz2981z4b01z9902ze2d12d00756c

Résumé

FR  |  
EN

L’étude des établissements publics culturels nationaux présente un double intérêt, d’abord, en droit de la culture, puisque l’établissement public est un instrument majeur et constant de la gestion des services publics culturels à l’échelle nationale ; ensuite, en droit administratif général, en ce qu’elle permet d’interroger non seulement la notion de personnalité morale en droit public, mais aussi celle de décentralisation fonctionnelle. La question qui se pose alors est celle de la réalité de l’autonomie des établissements publics culturels nationaux vis-à-vis de l’État. L’étude systématique de leurs statuts, et plus généralement des règles qui leur sont applicables, conduit à plusieurs conclusions qui sont énoncées dans la première partie. Les pouvoirs de l’État, qu’ils soient liés au rattachement ou à la tutelle, sur les organes de ces institutions sont tels qu’ils ne permettent pas l’expression d’une volonté propre de l’établissement public, distincte de celle de l’État. Les moyens administratifs, humains, financiers et matériels sont en outre sous le contrôle de l’État et n’assurent pas leur autonomie. Enfin, l’exercice de la tutelle de l’État a eu tendance à se renforcer, depuis le début de la Ve République, au détriment de la personnalité morale de ces institutions. Au-delà d’une approche purement conceptuelle, cette situation présente des difficultés au regard de l’État de droit et des standards démocratiques, du fait de l’absence de contrôle du juge administratif sur les décisions de l’État et de la mise à l’écart du Parlement dans la création et la vie de ces institutions pourtant si importantes pour la Nation. Les établissements publics culturels nationaux méritent néanmoins un réinvestissement par le pouvoir législatif dont pourra découler celui du juge. Ainsi, l’adoption d’une loi-cadre, pour les établissements publics culturels nationaux ou pour les établissements publics en général, permettrait, il faut l’espérer, de renforcer leur autonomie vis-à-vis de l’État et de consacrer, par voie de conséquence, leur véritable personnalité morale. D’autres éléments, étudiés dans la seconde partie, permettent néanmoins de révéler toute la substance de ces personnes morales. Pour apprécier l’autonomie des établissements publics culturels nationaux, il faut en effet aller au-delà de leur statut et s’intéresser à leur identité et à leurs activités, témoins de leur émancipation. Les établissements publics culturels nationaux ont une identité très forte, forgée par l’histoire et distincte de l’État, qu’ils protègent et valorisent aujourd’hui. Les établissements publics culturels nationaux ont, par ailleurs, développé des activités qui dépassent très largement l’État et qui résistent aux mutations affectant les autres établissements publics. À ce double égard, les établissements publics culturels nationaux reconquièrent leur autonomie et, par là même, recouvrent leur personnalité.