Le déclin de l'État de droit en Turquie : les droits fondamentaux saisis par le constitutionnalisme autoritaire
| Auteur / Autrice : | Neslihan Çetin |
| Direction : | Pierre Brunet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Droit public |
| Date : | Soutenance le 08/06/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de droit de la Sorbonne (Paris ; 2015-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de recherche juridique de la Sorbonne (Paris ; 2001-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Aurore Gaillet |
| Examinateurs / Examinatrices : Pierre Brunet, İbrahim Ö. Kaboğlu | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Manon Altwegg-Boussac, Éric Sales | |
| DOI : | 10.70675/2f5ecad2zcfa4z4b80z8e85zc3ca9a9c5a78 |
Résumé
La Turquie fait partie d’une communauté régionale – le Conseil de l’Europe – bâtie sur les idéaux et les valeurs de démocratie, de l’État de droit ou la garantie des droits fondamentaux. Et pourtant, depuis 2017, nous assistons à un démantèlement progressif des mécanismes de freins et contrepoids, qui rend toute résistance presque impossible mais s’analyse en un constitutionnalisme autoritaire. Ce dernier ne consiste pas en un basculement brutal dans l'autoritarisme, mais il s’accomplit à travers des formes beaucoup plus subtiles, et l’on peut parler d'érosion institutionnelle. En Turquie, comme dans d’autres États, les nouveaux autocrates attaquent les principes élémentaires du constitutionnalisme pour consolider leurs pouvoirs mais ils maintiennent un « discours démocratique » fondé sur la seule « volonté du peuple » : autrement dit, les dirigeants autoritaires se servent de la constitution pour la vider. Dans ces conditions, que reste-t-il des droits et libertés, lorsque les gouvernants retournent la constitution contre elle-même et l’utilisent pour s’affranchir des limites qu’elle leur impose ?