La cohérence de l'analyse économique en droit européen de la concurrence
| Auteur / Autrice : | Rebecca Rossi Lindh |
| Direction : | Philippe Maddalon |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Droit public |
| Date : | Soutenance le 05/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de droit de la Sorbonne (Paris ; 2015-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de recherche en droit international et européen de la Sorbonne (Paris ; 2010-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Francesco Martucci |
| Examinateurs / Examinatrices : Philippe Maddalon, Frédéric Marty, Ioannis Lianos | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Anne-Lise Sibony |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
L'influence de l'économie en droit européen de la concurrence est avérée et la volonté croissante de la part du juge européen de prendre en compte des raisonnements économiques est largement documentée. Or, aujourd’hui l’analyse économique est principalement effectuée par la Commission et non pas par le juge. Il existe donc un intérêt doctrinal certain pour une étude juridique de la réception des raisonnements économiques par la Commission. C’est notamment vrai dans la mesure où les normes économiques sur lesquelles repose l’analyse économique ne sont pas débattues démocratiquement. La thèse ne porte pas sur l’analyse économique du droit, mais plutôt sur une analyse juridique de l’économie, afin de pouvoir en apprécier sa dimension normative. À partir d'une étude compréhensive de dix ans de pratique décisionnelle de la Commission, la thèse permet de conclure que, dans la grande majorité des décisions, la Commission ne recourt pas à une analyse économique explicite d’espèce. Elle inclut néanmoins une analyse économique implicite dans la partie des décisions consacrée à la présentation des faits. De cette manière, ce sont souvent les faits économiques qui véhiculent l’analyse économique implicite. A rebours, la partie des décisions consacrée à la qualification juridique contient peu de traces d’une analyse économique. La Commission emploie deux méthodes distinctes pour éviter de recourir à une telle analyse. Premièrement, elle cite les conclusions des études économiques que les entreprises lui soumettent, sans développer sa propre appréciation. Deuxièmement, elle fait simplement référence à sa propre pratique décisionnelle antérieure dans le même secteur. Une minorité de décisions contient une analyse économique explicite. Celle-ci est fondée sur des caractéristiques du secteur en cause, et non sur des circonstances individuelles d’espèce. La Commission a donc profité de sa pratique décisionnelle pour élaborer une analyse économique sectorielle. Les secteurs qui profitent d’une telle analyse sont principalement les secteurs à effets de réseau significatifs. Cette analyse économique sectorielle revêt une cohérence inter-sectorielle faible, tandis que la cohérence intra-sectorielle est importante. De fait, l’analyse économique sectorielle de la Commission agit en complément des législations sectorielles du marché intérieur ainsi que des libertés de circulation. De plus, cette analyse paraît poursuivre des objectifs cohérents avec les objectifs soulignés par la Commission dans ses communications sur les politiques industrielles des secteurs en cause.