Thèse soutenue

La protection de l'environnement, facteur de développement et d'encadrement de la production d'énergie à partir de sources renouvelables : l'exemple de la production de biogaz par méthanisation

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Auteur / Autrice : Sophie de La Rochette de Rochegonde
Direction : Arnaud Gossement
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit public
Date : Soutenance le 04/12/2024
Etablissement(s) : Paris 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de droit de la Sorbonne (Paris ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut de recherche juridique de la Sorbonne (Paris ; 2001-....)
Jury : Président / Présidente : Jean-Charles Rotoullié
Examinateurs / Examinatrices : Arnaud Gossement, Philippe de Ladoucette, Jérémie Cuche
Rapporteurs / Rapporteuses : Claudie Boiteau, Marie Lamoureux

Résumé

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La méthanisation désigne un procédé de valorisation énergétique d’intrants issus de la biomasse permettant la production de deux composants : le biogaz et le digestat. Le premier est un combustible gazeux composé majoritairement de méthane et de dioxyde de carbone qui présente des caractéristiques physico-chimiques proches à celles du gaz naturel. Ce gaz renouvelable est susceptible de se substituer au gaz fossile dans tous ses usages (production de chaleur, carburant ou électricité). Le second est le co-produit de la méthanisation. Il s’agit d’un résidu humide riche en matière organique et en nutriments qui peut être utilisé comme fertilisant sur les terres agricoles par épandage. La méthanisation présente l’originalité d’être concomitamment une activité de valorisation de la biomasse et une activité de production d’énergie à partir de sources renouvelables. D’une part, en permettant la valorisation de ressources issues de la biomasse comme les déchets ménagers, des matières issues de l’agriculture ou des boues d’épuration, elle s’inscrit dans les objectifs politiques de gestion des déchets, de transition vers une économie circulaire et de transition vers l’agroécologie. D’autre part, en ce qu’elle est une activité de production d’un gaz renouvelable, le biogaz, la méthanisation s’inscrit dans les objectifs politiques de la transition énergétique et de verdissement du secteur gazier. L’essor de cette activité a conduit les législateurs européen et français à définir le cadre juridique de son développement. Les normes juridiques applicables portent aussi bien sur l’activité de production et les installations de méthanisation que sur la valorisation et la commercialisation des deux produits. L’étude, l’observation et la critique de la construction de l’encadrement de la méthanisation conduisent à s’interroger sur la place de la protection de l’environnement dans cet l’encadrement. Plus précisément, elles révèlent le paradoxe de l’objectif de protection de l’environnement en matière de développement des énergies renouvelables. En effet, les injonctions contradictoires résultant de cet objectif mènent à l’élaboration d’un cadre ambivalent : entre développement et encadrement (parfois restrictif ou contraignant) de l’activité de méthanisation. Le cadre juridique applicable à la méthanisation répond à l’impératif de protection de l’environnement : les politiques publiques revoient continuellement à la hausse les objectifs de développement des énergies renouvelables. Ainsi, le cadre juridique applicable aux énergies renouvelables peut constituer un frein à la réussite de la transition énergétique en raison de sa complexité, de sa profusion ou de son inintelligibilité. À l’inverse, le cadre juridique applicable aux énergies renouvelables permet de restreindre le foisonnement de projets de production d’énergies renouvelables pouvant être nocif pour l’environnement. L’objectif de protection de l’environnement a posé son empreinte dans le secteur de l’énergie et conduit à l’évolution de son cadre juridique.