Thèse soutenue

La mise en écriture d'un drοit cοutumier : Les cοutumes de la vicοmté de l'eau de Rοuen (ΧΙΙΙe-ΧVΙ siècles)

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Auteur / Autrice : Laure Cébe
Direction : Laurence Jean-Marie
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire, histoire de l'art et archéologie
Date : Soutenance le 14/12/2024
Etablissement(s) : Normandie
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Normandie Humanités (Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre Michel de Boüard - Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales (Caen ; 1959-....)
Établissement co-accrédité : Université de Caen Normandie (1971-....)
Jury : Président / Présidente : Valérie Theis
Examinateurs / Examinatrices : Valérie Theis, Frédéric Duval, Paul Bertrand, Laurence Buchholzer-Remy, Boris Bove
Rapporteurs / Rapporteuses : Frédéric Duval, Paul Bertrand
DOI : 10.70675/19120098zcf3dz408dzb9afz0063ca25ec8e

Résumé

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Cette étude porte sur une source majeure de l’histoire rouennaise. Texte hybride où les règles juridiques côtoient des tarifs de taxes, le coutumier de la vicomté de l’eau de Rouen structure la vie économique sur un large espace (Rouen et la basse Seine) et est essentiel à la compréhension de la répartition des pouvoirs dans la ville. Son histoire, explorée du point de vue des pratiques de l’écrit, débute au XIIIe siècle, lorsque les coutumes de la vicomté de l’eau sont pour la première fois mises par écrit. Le texte évolue jusqu’au milieu du XVIe siècle : de nouvelles coutumes sont introduites, d’autres sont retirées, et des remaniements d’ampleurs variées ont lieu, si bien que les variantes d’un témoin du texte à l’autre sont nombreuses. En faisant appel aux méthodes propres à la philologie, l’analyse des quatorze témoins subsistants a permis d’en établir le stemma codicum, rendant compte de leurs liens de filiation et de la transmission du texte dans son ensemble. Plusieurs versions sont identifiées, dont chacune fait l’objet d’une édition bimodale (papier et numérique). L’ensemble s’accompagne d’une traduction du coutumier, incluant les variantes propres à chaque étape de sa transmission. Les modalités d’élaboration du texte constituent un autre axe majeur de cette recherche. Ses usages comme la manière dont les contemporains conçoivent et structurent un texte de cette nature sont ainsi explorés. Le contexte de rédaction de ses différentes strates textuelles permet de plus d’éclairer les motivations qui conduisent à la mise par écrit des coutumes et de leurs remaniements successifs. Le texte est également mis en relation avec son support matériel – les manuscrits – afin d’identifier le cadre au sein duquel il est utilisé. Les éléments visuels d’organisation du texte comme les documents qui lui sont associés au sein des volumes renseignent en effet sur ses usages, ainsi que sur la manière dont les contemporains en conçoivent l’utilisation pratique. Enfin, cette étude s’intéresse à la valeur accordée alors au coutumier. En 1554 un édit royal lui donne force de loi. Auparavant, il est dénué de valeur juridique au sens strict, puisque son authenticité n’est attestée par la marque d’aucune autorité. Il est pourtant utilisé en justice ou cité comme référence dans des actes de la pratique. Il témoigne en conséquence du rapport complexe qui existe entre l’écrit et sa validité. C’est pourquoi cette étude comprend une réflexion quant à l’autorité accordée à un écrit de cette nature et aux procédures de validation attachées aux textes de coutumes.