Développement d'une stratégie de CAR-T cells allogéniques : Lymphocytes T spécifiques anti-viraux aux molécules HLA classe I KO pour limiter la maladie du greffon contre l'hôte et le rejet de greffe
| Auteur / Autrice : | Valentine Wang |
| Direction : | Danièle Bensoussan-Lejzerowicz, Loïc Reppel |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de la vie et de la santé |
| Date : | Soutenance le 17/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Université de Lorraine |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale BioSE - Biologie, Santé, Environnement |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Ingénierie Moléculaire, Cellulaire et Physiopathologie (Vandœuvre-lès-Nancy) |
| Jury : | Président / Présidente : Sophie Caillat-Zucman |
| Examinateurs / Examinatrices : Danièle Bensoussan-Lejzerowicz, Loïc Reppel, Stéphanie Nguyen Quoc, Cyrille Cohen, Gianpietro Dotti | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Stéphanie Nguyen Quoc, Cyrille Cohen |
Mots clés
Résumé
La thérapie CAR-T a transformé le traitement du cancer en modifiant les lymphocytes T pour cibler spécifiquement les antigènes tumoraux. Bien que cette approche ait montré un succès remarquable dans les hémopathies malignes à cellules B, le processus reste coûteux et long, car il nécessite la collecte et la modification des cellules du patient, ce qui peut retarder le traitement. De plus, certains patients, en raison de traitements antérieurs ou de maladies avancées, ne disposent pas de cellules viables, limitant l'accès à cette thérapie.Les cellules CAR-T allogéniques provenant de donneurs offrent une solution plus rapide et évolutive, réduisant le temps de production et les coûts. Cependant, elles présentent des risques, notamment la maladie du greffon contre l'hôte (GvHD), où les cellules du donneur attaquent les tissus du patient. Notre étude a exploré une approche innovante, combinant la technologie CAR avec des lymphocytes T spécifiques aux virus (Virus Specific T cells, VST), connus pour leurs propriétés antivirales et antitumorales, afin de générer des CAR-VST. Ces CAR-VST à double spécificité représentent une alternative prometteuse, particulièrement pour les patients à risque de rechute tumorale ou de réactivation virale.Dans notre étude, nous avons généré des CAR-T et des CAR-VST à partir des mêmes donneurs, obtenant respectivement 40,28%±9,30% et 35,96%±11,40% d'expression de CD19.CAR au jour 7 (N=3). Les CAR-VST ont montré in vitro une clairance tumorale similaire à celle des CAR-T, avec 74,13%±22,06% de lyse des cellules CD19+. Dans un modèle murin, un contrôle de la croissance tumorale ainsi qu'une amélioration de la survie similaires ont été observés dans les deux groupes. De plus, les CAR-VST ont conservé leur activité antivirale, lysant 62,32%±13,84% des cellules chargées en peptides viraux. Concernant l'alloréactivité, les CAR-VST ont montré une prolifération CD3+ inférieure (28,27%±21,64%) par rapport aux CAR-T (88,3%±24,48%, p=0,0285, N=4), suggérant un risque réduit de GvHD.En collaboration avec l'Université de Caroline du Nord, nous avons également exploré la suppression des molécules HLA de classe I via la B-2-microglobuline (B2M) pour réduire le risque de rejet immunitaire. Une expression de HLA-ABC de 15,1±14,6% (N=11) a été obtenue après knockout par CRISPR/Cas9. Nous travaillons également sur la surexpression de HLA-E et HLA-G pour prévenir la lyse médiée par les cellules NK, nécessitant des optimisations supplémentaires.En conclusion, générer des HLA-E+ ou G+/B2M-/CAR-VST offre une alternative prometteuse pour créer des cellules entièrement allogéniques. Ces CAR-VST modifiés conservent leurs fonctions antivirales et antitumorales, ce qui en fait des candidats prometteurs pour les immunothérapies prêtes à l'emploi qui pourraient réduire les risques de rejet immunitaire et de GvHD.