Approche intégrative de la voie ventrale du langage étudiée par stimulation électrique corticale et sous-corticale, connectivité effective et structurelle
| Auteur / Autrice : | Olivier Aron |
| Direction : | Louis Maillard, Fabien Rech |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de la vie et de la santé |
| Date : | Soutenance le 21/11/2024 |
| Etablissement(s) : | Université de Lorraine |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale BioSE - Biologie, Santé, Environnement |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Ingénierie Moléculaire, Cellulaire et Physiopathologie (Vandœuvre-lès-Nancy) |
| Jury : | Président / Présidente : Sophie Colnat |
| Examinateurs / Examinatrices : Louis Maillard, Fabien Rech, Agnès Trébuchon-Da Fonseca, Olivier Després, Martine Gavaret | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Agnès Trébuchon-Da Fonseca, Olivier Després | |
| DOI : | 10.70675/7ab8c69dz52b2z4186z8906z16d52d26f405 |
Mots clés
Résumé
L’aire basale temporale du langage (BTLA) est définie lors du bilan pré chirurgical de l'épilepsie par les stimulations électriques corticales (SEC) de haute fréquence dans le cortex temporal ventral (CTV) qui induisent des anomies ou paraphasies lors des tâches de dénomination (sites éloquents). Les modèles actuels du langage, malgré la reconnaissance d'un courant ventral, échouent à proprement intégrer cette entité. Sa définition, nécessitant des techniques invasives et le déficit cognitif inconstant observé après la résection du CTV en seraient des explications plausibles.Nous avons utilisé des potentiels évoqués cortico-corticaux (CCEP) obtenus en appliquant des CES de basse fréquence sur des sites éloquents (BTLA) dans le CTV pour calculer leur connectivité effective et la comparer à celle des sites non éloquents dans les mêmes structures anatomiques. De plus, nous avons évalué l'étendue de la résection dans la BTLA chez des patients traités par lobectomie temporale antérieure et sa corrélation avec l'évolution de la mémoire verbale (MV), à la fois précoce (<1 an) et tardive (>1 an) postopératoire, utilisant un test de rappel libre différé.Les résultants montraient, globalement, une connectivité plus importante des sites éloquents par rapport aux sites non éloquents. L’analyse approfondie de la connectivité des sites éloquents plaide en faveur d’un réseau temporal basal du langage (BTLN), structuré autour des projecteurs postérieurs, tandis que le gyrus fusiforme agissait comme intégrateur. Le BTLN était fortement connecté à l'amygdale et à l'hippocampe, contrairement aux sites non éloquents, à l'exception du gyrus fusiforme (FG) antérieur qui avait une connectivité très forte pour les sites éloquents et non éloquents. La localisation de la BTLA dans le CTV est caractérisée par une variabilité interindividuelle considérable. Nous avons trouvé une corrélation significative entre l'étendue de sa résection et le déclin de la MV à court et long terme et qui n’était pas corrélée à l’étendue de la résection dans le CTV à long terme.Ces observations nous amènent à reconsidérer la BTLA comme entité fonctionnelle plutôt qu’une « aire », mieux décrite par un réseau temporal basal du langage. Sa connectivité spécifique plaide pour un rôle de convergence entre des processus lexicaux et sémantiques au sein du courant ventral du langage, avec le GF agissant comme interface. La lobectomie temporale antérieure devrait être adaptée individuellement pour préserver le BTLN autant que possible, afin de minimiser l’impact cognitif à long terme. Les SEC dans les cortex éloquents mais dispensables comme le CTV devraient être considérées non pas comme un «gold standard» pour délimiter une « zone interdite », mais plutôt comme une « gold strategy » pour révéler des biomarqueurs de l'architecture fonctionnelle.