Thèse soutenue

Troubles du Spectre de l'Alcoolisation Foetale (TSAF) : Description clinique d'une série de patients réunionnais et recherche de biomarqueurs épigénétiques à visée diagnostique

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Auteur / Autrice : Laëtitia Sennsfelder
Direction : Bérénice Doray
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Bio Med Santé
Date : Soutenance le 05/09/2024
Etablissement(s) : La Réunion
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences, Technologies et Santé (Saint-Denis, La Réunion ; 2010-...)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Études pharmaco-immunologiques (La Réunion) - Études Pharmaco-Immunologie
Jury : Président / Présidente : Silvia Iacobelli
Examinateurs / Examinatrices : Silvia Iacobelli, Delphine Mitanchez, Didier Riethmuller, Mickael Naassila, Yao Télesphore Brou
Rapporteurs / Rapporteuses : Delphine Mitanchez, Didier Riethmuller

Résumé

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Les Troubles du Spectre de l’Alcoolisation Fœtale (TSAF), reconnus comme problème majeur de Santé Publique, représentent la première cause évitable de handicap neurocognitif et d’inadaptation sociale. De nos jours, malgré la présence de lignes directrices, le diagnostic de ces troubles reste difficile, notamment pour les formes non syndromiques, sans signe physique évocateur, tels que les Troubles Neuro-Développementaux Liés à l’Alcool (TNDLA). Les raisons pouvant expliquer cette errance diagnostique sont multiples : 1 - la confirmation de l’exposition prénatale et/ou préconceptionnelle à l’alcool (EPA) repose sur une démarche déclarative, souvent difficile pour les parents et compliquée en cas de placement ou d’adoption ; 2 - les TSAF, encore peu connus ou sous-évalués par certains professionnels de santé peuvent être confondus avec d’autres syndromes et volontiers considérés comme un diagnostic différentiel ; 3 – le diagnostic est uniquement clinique, en l’absence de tests biologiques fiables. Ce retard voire cette absence diagnostique limite la prise en soins et l’accompagnement, pourtant déterminants pour améliorer la trajectoire de vie. La recherche de nouveaux biomarqueurs diagnostiques est devenue un enjeu considérable au cours de ces dernières années. Pour répondre à cet enjeu, nous proposons de décrire une série de 147 enfants et adolescents suivis au CHU de La Réunion, tant sur le plan clinique (anamnestique et phénotypique), que biologique (génétique et épigénétique) afin de proposer des éléments diagnostiques utiles pour un repérage précoce de ces patients et de leurs familles. Sur le plan clinique, notre étude vient conforter les critères diagnostiques classiquement proposés dans la littérature, en décrire de nouveaux, telle la camptodactylie des extrémités, et met en lumière l’état de vulnérabilités associées chez ces enfants porteurs de TSAF (exposition préconceptionnelle paternelle, exposition à de multiples toxiques, prématurité, situation socio-familiale complexe, anomalie génétique associée dont l’origine questionne sur la possibilité d’une fragilité chromosomique sous-tendue par des mécanismes épigénétiques). Cette description clinique, la première réalisée sur une large série de patients Réunionnais, vient renforcer la nécessité d’un dépistage précoce afin d’améliorer le pronostic, limiter les handicaps surajoutés et les handicaps secondaires, afin d’optimiser la qualité de vie, d’une part des enfants atteints, mais aussi de la fratrie potentiellement atteinte et d’impliquer, d’accompagner et au besoin de prendre en soin les parents.Au niveau épigénétique, nous avons identifié chez des enfants atteints de TSAF âgés de 0 à 18 ans, une expression différentielle et persistante de microARN. Les sous-profils d’expression diffèrent selon le tissu étudié (cellules épithéliales buccales ou plasma) mais aussi selon les catégories diagnostiques (SAF complet, SAF partiel ou TNDLA). Ces résultats, à confirmer sur une plus large série, pourraient laisser entrevoir la possibilité d’une signature épigénétique chez les patients, déterminante pour proposer un diagnostic le plus précoce possible.