Étude analytique et numérique de problèmes inverses en diffraction acoustique pour la conception de microphones spatiaux
| Auteur / Autrice : | Dorian Lereverend |
| Direction : | Houssem Haddar |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Mathématiques appliquées |
| Date : | Soutenance le 20/11/2024 |
| Etablissement(s) : | Institut polytechnique de Paris |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de mathématiques Hadamard (Orsay, Essonne ; 2015-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Établissement opérateur d'inscription : École nationale supérieure de techniques avancées (Palaiseau ; 1970 -....) |
| Laboratoire : Unité de Mathématiques Appliquées (Palaiseau) - Inversion of Differential Equations For Imaging and physiX (Palaiseau ; 2021-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Laurent Bourgeois |
| Examinateurs / Examinatrices : Marion Darbas, Manuel Melon | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Julien Diaz, Cédric Bellis | |
| DOI : | 10.70675/b9cbd14fzbc47z41b1z86e8za69388a719e1 |
Résumé
CONTEXTE : Ces travaux de thèse sont motivés par un besoin concret identifié par l'association Mon Cartable Connecté. Dans le cadre de l'amélioration de son dispositif de téléprésence pour aider à la scolarisation à distance d'enfants hospitalisés, l'association souhaite implémenter un son spatialisé et immersif. En raison de l'impact prouvé d'un tel dispositif sur les interactions sociales entre élèves, il faudra que la solution proposée n'évoque pas une forme humaine. Enfin, elle devra respecter des contraintes d'encombrement et de coût. Parmi les technologies existantes, nous pouvons citer les microphones ambisoniques (Zoom H3-VR, Zylia Pro, ...) et les microphones en formes de têtes humaines (Kemar, Neumann KU-100, ...). Les premiers produisent un signal spatialisé (avec de nombreux canaux) mais délivrent un son neutre, ce qui limite l'immersion. Les seconds reproduisent l'écoute naturelle humaine sans aucun traitement numérique mais génèrent seulement un son binaural (avec deux canaux). Nous proposons donc de réunir ces deux technologies dans un objet dont la forme serait différente d'une tête humaine. ENJEUX : Une première difficulté est le fait que la technologie ambisonique repose sur les fonctions harmoniques surfaciques de l'appareil d'enregistrement utilisé. En effet, ces dernières sont connues analytiquement pour des sphères et des ellipses uniquement. Nous décidons de laisser cette remarque de côté et nous nous concentrons sur la seconde difficulté : la question de l'existence d'obstacles ayant des géométries différentes et présentant la même réponse impulsionnelle est un problème ouvert. Nous pouvons tout de même définir un modèle simplifié afin de proposer des méthodes de résolution. Nous considérons trois grandeurs principales pour caractériser l'acoustique d'un objet : sa géométrie, ses propriétés d'absorption et la position de ses points d'écoute (tympans ou microphones). Il existe de nombreuses bases de données donnant libre accès à des géométries de têtes et aux réponses fréquentielles associées. Nous pouvons alors définir plusieurs problèmes d'identification des valeurs d'un ou plusieurs de ces paramètres. Nous les résolvons en minimisant une fonction de coût par descente de gradient. STRUCTURE DU MANUSCRIT : Nous commençons par supposer que la tête est un obstacle impénétrable. Nous développons un solveur pour le problème direct de diffraction acoustique avec Matlab. Cet algorithme performant est basé sur l'implémentation des matrices hiérarchiques dans Gypsilab (développé en Matlab par Matthieu Aussal). Il nous permet de calculer rapidement des réponses en fréquence (HRTFs) réalistes avec différentes conditions d'impédance jusqu'à 20kHz. Voyant que l'erreur entre les résultats numériques et les mesures expérimentales peut être réduite par un choix judicieux de condition de bord, nous identifions l'impédance optimale de têtes humaines jusqu'à 15kHz à partir de données expérimentales sans phase. Se pose alors la question des formes équivalentes. Nous déterminons des triplets (forme, impédance, tympans) donnant des HRTFs assez proches de celles de têtes humaines jusqu'à 4kHz. Enfin, nous supposons que la tête est un obstacle pénétrable et changeons notre modèle. Nous transposons les développements réalisés précédemment à ce nouveau cadre. Ainsi, nous identifions les indices de réfraction de têtes humaines jusqu'à 4kHz. Nous terminons avec la détermination numérique d'obstacles équivalents définis par des triplets (forme, indice de réfraction, tympans) dont les réponses fréquentielles approchent des HRTFs mesurées expérimentalement jusqu'à 4kHz.