Thèse soutenue

Les pensées contemporaines de la décadence : un imaginaire antidémocratique ?

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Auteur / Autrice : Arnaud Miranda
Direction : Julie Saada-Gendron
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science politique, mention Théorie politique
Date : Soutenance le 12/12/2024
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques
Ecole(s) doctorale(s) : Institut d'études politiques (Paris). École doctorale
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherches politiques de Sciences Po (Paris)
Jury : Président / Présidente : Jean-Yves Pranchère
Examinateurs / Examinatrices : Julie Saada-Gendron, Antoine Chollet, Perrine Simon-Nahum, Chloé Gaboriaux, Jean-Claude Monod
Rapporteurs / Rapporteuses : Antoine Chollet, Perrine Simon-Nahum

Mots clés

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Résumé

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Ce travail, consacré à la notion de décadence dans la pensée politique contemporaine, est une contribution à l’histoire conceptuelle. La question directrice est la suivante : existe-t-il un imaginaire de la décadence qui dépasse les frontières de la pensée réactionnaire et, si oui, est-il fondamentalement antidémocratique ? Nous voudrions répondre doublement par l’affirmative : la décadence dépasse les frontières de la réaction et cela implique nécessairement un rapport conflictuel à la démocratie comme forme historique. Pour soutenir cette thèse, nous proposons d’abord une analyse épistémologique de la notion de décadence : elle n’est pas un simple concept mais une manière de figurer l’histoire. Pour cette raison, elle doit être étudiée à partir de ces incarnations métaphoriques, dont la mise en réseau constitue un imaginaire. Nous comparons, à travers ce prisme, deux formes de l’imaginaire de la décadence : la thématisation réactionnaire (Spengler, Evola et Schmitt) et la reprise « postmoderne » (Deleuze, Guattari et Derrida). Ce rapprochement met en lumière l’ambiguïté de ce dernier corpus vis-à-vis de la démocratie. Enfin, nous identifions une dernière forme de l’imaginaire de la décadence dans le courant accélérationniste, en particulier à travers la figure de NickLand. Dans ce dernier moment, il s’agit d'expliquer de l’étonnante convergence entre certaines pensées radicales de droite et de gauche, ainsi que leurs rapports complexes à la démocratie.