Thèse soutenue

La culture du consentement : recompositions des rapports de genre et de la sexualité depuis MeToo

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Auteur / Autrice : Rébecca Lévy-Guillain
Direction : Marta Dominguez FolguerasMarie Bergström
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie
Date : Soutenance le 11/06/2024
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques
Ecole(s) doctorale(s) : École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche sur les inégalités sociales (Paris)
Jury : Président / Présidente : Sébastien Chauvin
Examinateurs / Examinatrices : Marta Dominguez Folgueras, Marie Bergström, Christophe Giraud, Emmanuelle Santelli, Camille Masclet
Rapporteurs / Rapporteuses : Christophe Giraud
DOI : 10.70675/46bd6613z0181z4633zad55z43d1df4450b3

Résumé

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Depuis le début du moment MeToo, la question du consentement sexuel devient centrale dans les débats publics et s’accompagne de la diffusion d’un modèle de « bonne » sexualité égalitaire, imprégné par les savoirs féministes et thérapeutiques. La sexualité et les rapports de genre s’en trouvent-ils transformés ? Au croisement de la sociologie du genre, de la sexualité et de la socialisation, et à partir de l’analyse d’un corpus de sources écrites et de la conduite de 130 entretiens biographiques auprès de femmes et d’hommes âgé.es de 18 à 65 ans issu.es de milieux sociaux différents, cette thèse s’intéresse aux réceptions individuelles socialement différenciées de la morale sexuelle égalitaire. Celles et ceux qui s’approprient la morale sexuelle égalitaire ont en commun d’avoir vécu des violences symboliques dont l’effet est intense ou durable, de trouver légitimes les savoirs féministes et thérapeutiques, et de se trouver dans des configurations relationnelles rendant possible le changement de leurs représentations. Bien que les hommes continuent de prendre les initiatives et que les femmes parviennent difficilement à dire non, elles et ils problématisent dorénavant l’inadéquation entre leurs pratiques et leurs aspirations morales. Les hommes résolvent rapidement cette dissonance et déploient des stratégies de présentation de soi pourvoyeuses de prestige. Les femmes en revanche s’engagent dans des spirales d’autodévalorisation qui limitent leur latitude d’action et cherchent activement à mettre en cohérence leurs conduites sexuelles avec leur idéologie. Le contrôle de la sexualité féminine ainsi que les inégalités de genre sont alors reconduits sous de nouvelles formes.