Variabilité interannuelle de l'eau modale à dix-huit degrés de l'Atlantique nord : contributions apportées par une simulation océanique ensembliste réaliste
| Auteur / Autrice : | Olivier Narinc |
| Direction : | Thierry Penduff, Guillaume Maze |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de la terre et de l'univers, et de l'environnement |
| Date : | Soutenance le 24/06/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de la terre, de l’environnement et des planètes (Grenoble, Isère, France ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut des géosciences de l'environnement (Grenoble, Isère, France ; 2017-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Éric Blayo |
| Examinateurs / Examinatrices : Marine Hermann | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Sophie Cravatte, Bablu Sinha | |
| DOI : | 10.70675/3344aaf6zed0cz498fzad37z4b773b70c98e |
Mots clés
Résumé
L'Eau à Dix-Huit Degrés (ou EDW, Eighteen Degree Water) est une eau modale située dans le gyre subtropical à l'ouest de l'Atlantique nord, au sud du Gulf Stream. Elle est couramment décrite comme étant formée par les échanges océan-atmosphère dans la couche de mélange hivernale, puis subductée et partiellement érodée le reste de l'année. L'EDW joue un rôle important dans les échanges océan-atmosphère dans le bassin nord-atlantique, et interagit avec la circulation de retournement méridienne de l'Atlantique (AMOC). De précédentes études ont montré que dans les simulations océaniques permettant la turbulence (résolution de 1/4° ou plus fine), une part significative de la variabilité interannuelle du gyre subtropical et de l'AMOC est intrinsèque à l'océan, c’est-à-dire indépendante de la variabilité atmosphérique. Notre étude utilise une simulation régionale océan/glace de mer ensembliste de 50 membres, 20 ans, à 1/4° avec flux air-mer identiques pour tous les membres de l'ensemble. En appliquant des méthodes existantes, il est tiré profit de la dimension ensembliste de la simulation afin d'évaluer les importances relatives de la variabilité intrinsèque et de la variabilité forcée par l'atmosphère dans la variabilité interannuelle de l'EDW. Nous montrons que notre simulation est en bon accord avec une analyse tridimensionnelle sur grille à 1/4° des champs de température, salinité et vitesse océaniques. Nous montrons que la quasi-totalité de la variabilité de l'EDW est forcée par l'atmosphère aux échelles annuelles et subannuelles, mais que la variabilité intrinsèque devient notable aux échelles interannuelles. Nous montrons aussi que les résultats obtenus dans la simulations ensembliste sont compatibles avec la variabilité observée, ce qui suggère que les observations de l'EDW sont entachées d'une variabilité intrinsèque importante et difficile à quantifier. En séparant le volume de l'EDW en un volume ventilé (sous la surface de contact entre l'EDW et l'atmosphère) et un volume subducté (le reste de l'EDW), nous décrivons le cycle annuel de variation de volume de l'EDW. Nous trouvons qu'en moyenne sur 20 ans et 50 membres, la formation et la destruction d'EDW sont proches de l'équilibre, que la variabilité forcée domine ces deux processus et que la variabilité intrinsèque est plus importante dans la destruction de l'EDW. D'autre part, la variabilité intrinsèque du volume d'EDW est marquée par un mode d'une durée typique de 12 ans, modulé chaque année par la formation de nouvelle EDW par ventilation. Dans l'ensemble, les résultats présentés dans cette thèse montrent que la description courante de la variabilité de l'EDW comme étant forcée par l'atmosphère est incomplète, et que la variabilité interannuelle de l'EDW comporte une part importante de variabilité intrinsèque, en particulier dans la destruction de cette eau modale.