Thèse soutenue

Les changements de genre pendant l'Antiquité Tardive dans la Méditerranée Orientale (IIIe-VIIe siècle)

FR  |  
EN  |  
ES
Auteur / Autrice : Héctor Gonzalez Palacios
Direction : Maria Cecilia D'ErcoleCléo CarastroClelia Martínez Maza
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisations
Date : Soutenance le 22/03/2024
Etablissement(s) : Paris, EHESS en cotutelle avec Universidad de Málaga
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Susana Reboreda Morillo
Examinateurs / Examinatrices : Maria Cecilia D'Ercole, Susana Reboreda Morillo, Antón Alvar Nuño
DOI : 10.70675/49da6985z7c57z4714z8790z850fb53da9c9

Résumé

FR  |  
EN  |  
ES

Cette recherche a comme objet d’étude les phénomènes socio-religieux que on pourrait qualifier de changements de genre d'une perspective contemporaine, et qui ont eu lieu au début du christianisme dans diverses régions de la Méditerranée orientale (Égypte, Asie Mineure, etc.). L'étude se concentre sur la période de l'Antiquité tardive (IIIe-VIIe siècles), avec une attention particulière pour les IIIe et IVe siècles, en tant que période de transformation du christianisme, qui est passé d'une secte restreinte à une religion de masse majoritaire. Le corps de la thèse est divisé en trois parties : premièrement, les conceptions du genre et des relations sexuelles dans le christianisme primitif, où nous démonterons la croyance longtemps répandue selon laquelle les modèles de répression monastique de la sexualité ont prévalu dès le début, pour montrer comment ceux-ci, au contraire, ont été un produit relativement tardif qui s'est développé parallèlement à la popularisation du christianisme ; deuxièmement, l'étude de ce que nous appellerons les ascétismes transgenre, un ensemble d'individus qui, ayant été initialement identifiés comme des femmes, vivent et sont socialement reconnus comme des ''abbas'' (c'est-à-dire des ascètes masculins) grâce à leur propre ascèse ; en troisième lieu, les ascètes chrétiens auto-émasculés. Dans ce dernier point, on remettra en question l'hypothèse longtemps admise dans les études byzantines selon laquelle les eunuques étaient considérés comme un troisième genre et nous retracerons les liens possibles entre les galli, les adeptes auto-castrés du culte de Cybèle-Attis, et les ascètes chrétiens. Tout au long de ces pages, on analysera, interprétera et réinterprétera les sources écrites (principalement grecques) et iconographiques à l'aide d'une méthodologie transversale, dans laquelle la comparaison avec d'autres sociétés contemporaines jouera un rôle prédominant. Nous recherchons ainsi un changement de perspective par rapport aux études précédentes qui nous permettra de poser de nouvelles questions et réponses dans des domaines où les approches traditionnelles ne semblent pas nous permettre d’aller plus loin.