Relations intimes & troubles psychiques sévères : vers une amélioration des accompagnements
Auteur / Autrice : | Meryl Caiada |
Direction : | Antoinette Prouteau |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Psychologie |
Date : | Soutenance le 08/11/2024 |
Etablissement(s) : | Bordeaux |
Ecole(s) doctorale(s) : | Sociétés, Politique, Santé Publique |
Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de psychologie (Bordeaux) |
Jury : | Président / Présidente : Michèle Koleck |
Examinateurs / Examinatrices : Tania Lecomte | |
Rapporteur / Rapporteuse : Odile Hirschauer-Rohmer, Chrystel Besche-Richard |
Mots clés
Résumé
Les relations intimes, qui englobent les relations amoureuses, maritales et sexuelles, constituent un aspect fondamental de la vie et un droit pour tous. Cependant, malgré leur désir d’investir les rôles sociaux de conjoint, amant ou partenaire, les personnes concernées par un trouble psychique comme la schizophrénie sont moins susceptibles de développer de telles relations. Selon la Classification Internationale du Fonctionnement, qui constitue le cadre théorique de ce travail doctoral, cette situation reflète une restriction de participation majeure, dans le domaine des relations intimes (Organisation Mondiale de la Santé, 2001). Bien que les approches « personnes-centrées », comme celles orientées vers le rétablissement personnel et le respect des droits, légitiment pleinement le soutien des professionnels dans ce domaine, l’accompagnement des relations intimes demeure insuffisant ou inadapté. C'est dans ce contexte qu'a été développé le programme de recherche INTIMate, qui vise à promouvoir les relations intimes des personnes concernées par un trouble psychique en améliorant leur accompagnement. Pour répondre à cette objectif, quatre études ont été menées. Une revue systématique de la littérature a été réalisée afin d’identifier les interventions promouvant les relations intimes des personnes concernées par un trouble psychique sévère. Les résultats révèlent un manque d’interventions validées scientifiquement, pouvant ainsi constituer un obstacle à un accompagnement basé sur des preuves. Afin de mieux appréhender le phénomène restriction de participation et les facteurs qui l’influencent, une deuxième étude a permis de caractériser la fréquence et l’impact des facteurs obstacles et facilitateurs des relations intimes. Cette étude descriptive et comparative a été réalisée auprès de la population générale et des personnes concernées par une schizophrénie. Ces dernières perçoivent l’impact de facteurs personnels (notamment liés au concept de soi), liés aux déficiences (e.g., les difficultés cognitives), et environnementaux (tels que la stigmatisation) sur leurs relations intimes. La stigmatisation étant identifiée comme un obstacle majeur, ce travail doctoral s’est ensuite concentré sur l'étude de la stigmatisation publique et de l’auto-stigmatisation. Une troisième étude, employant une méthode mixte, a permis d’identifier les stéréotypes relatifs aux relations intimes des personnes concernées par une schizophrénie, auprès de la population générale, des étudiants en santé et des professionnels. Elle a également mis en lumière certains leviers pour réduire cette stigmatisation. Enfin, une quatrième étude a été menée à l’Université de Montréal, en collaboration avec des patients partenaires, afin de développer et valider une échelle d’évaluation de l’auto-stigmatisation des relations intimes. En conclusion, ce travail doctoral offre des perspectives prometteuses pour améliorer l’accompagnement des relations intimes des personnes concernées par un trouble psychique. Toutefois, d’autres études restent nécessaires afin de promouvoir un accompagnement basé sur les preuves et en adéquation avec les préférences des personnes concernées. En accord avec les recommandations nationales et internationales, ce travail plaide en faveur des approches holistiques, qui visent la pleine participation sociale, telles que les approches centrées sur le rétablissement personnel et le respect des droits (Coldefy, 2022 ; OMS, 2021).