Thèse soutenue

Etude de l’exosphère de Mercure par le spectromètre PHEBUS de la mission BepiColombo

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Auteur / Autrice : Rozenn Robidel
Direction : Eric Quémerais, Dimitra Koutroumpa
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Astronomie et Astrophysique
Date : Soutenance le 25/09/2023
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Astronomie et astrophysique d'Île-de-France (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Atmosphères, observations spatiales (Guyancourt, Yvelines ; 2009-....)
Référent : Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (1991-....)
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Physique (2020-….)
Jury : Président / Présidente : Karine Bocchialini
Examinateurs / Examinatrices : Carl Schmidt, Nicolas André, Dominique Delcourt
Rapporteurs / Rapporteuses : Carl Schmidt, Nicolas André
DOI : 10.70675/f0ef9c31z0f77z46c9zb755z13c0e0f9e6e1

Mots clés

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Résumé

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Mercure est la planète tellurique la moins explorée du système solaire, trois missions seulement l’ont survolée. Mariner 10 a effectué trois survols de la planète en 1974 et 1975, découvrant une atmosphère très mince, similaire à celle de la Lune, contenant de l’hélium (He) et de l’hydrogène (H). Le sodium (Na), le potassium (K) et le calcium (Ca) ont été détectés plus tard à partir d’observations depuis la Terre. La mission MESSENGER, lancée en 2004, a non seulement survolé Mercure à trois reprises mais a également orbité la planète durant quatre ans. Elle a détecté deux nouvelles espèces, le magnésium (Mg) et le manganèse (Mn). En parallèle, deux autres espèces ont été découvertes grâce à des observations depuis la Terre : le fer (Fe) et l’aluminium (Al). BepiColombo est la troisième mission à destination de Mercure. Lancée en 2018, la mission conjointe ESA JAXA doit effectuer six survols de Mercure avant de s’insérer en orbite fin 2025. Trois survols de Mercure ont déjà été réalisés lors desquels PHEBUS (Probing the Hermean Exosphere By Ultraviolet Spectroscopy) a pu observer l’exosphère de Mercure. L’instrument est composé de deux détecteurs UV (EUV et FUV) et de deux canaux visibles (c404 et c422). Le canal c404 est dédié à la ligne d’émission du K à 404,7 nm tandis que le canal c422 est dédié à la ligne d’émission du Ca à 422,8 nm. La géométrie d’observation des deux premiers survols est similaire, la sonde approchant la planète côté nuit, traversant son ombre avant de se diriger côté jour. La sonde s’est approchée à ∼200 km de la surface au point le plus proche côté nuit. PHEBUS pointait vers le nord, dans une direction opposée au soleil. Le taux de comptage enregistré par les deux canaux visibles illustre la géométrie d’observation, notamment le passage dans l’ombre de Mercure. Le maximum est atteint peu après la sortie d’éclipse. Le taux de comptage diminue ensuite à mesure que la sonde s’éloigne de Mercure. Lors des survols, les signaux des deux canaux sont pollués par des pics sporadiques dont l’origine reste incertaine. Malgré ces pics, le canal c422 a clairement détecté du Ca. Le signal c422 montre non seulement une concentration de Ca à l’aube mais également une couronne de Ca très étendue du côté matin qui n’a pas été rapportée par MESSENGER. La hauteur d’échelle déduite de nos profils (2500-2800 km) est en accord avec la valeur rapportée par MESSENGER à un angle d’anomalie vraie similaire. En utilisant le modèle de Chamberlain, j’ai déterminé une température à l’exobase très élevée (>50 000K), ce qui est en accord avec les résultats de MESSENGER. La grande hauteur d’échelle et la température à l’exobase élevée impliquent un processus de libération très énergétique. Les données semblent également indiquer une asymétrie jour/nuit qui pourrait signifier que la source de Ca est principalement du côté jour ou être la conséquence d’un décalage de la source de Ca par rapport à la région de l’aube. La prochaine étape consiste à utiliser un modèle exosphérique 3D prenant en compte la photoionisation et la distribution non uniforme du Ca. Enfin, le pointage de PHEBUS lors de ces deux premiers survols n’a pas permis d’observer la potentielle composante froide du Ca puisque les altitudes <200 km n’ont pas été explorées.Le canal c404 a détecté une ou plusieurs espèces à basse altitude côté matin lors des survols, potentiellement du K ou du Mn. Cette ligne d’émission du K n’a jamais été détectée par MESSENGER.Quant au Mn, MESSENGER ne l’a pas observé continuellement, il n’a été détecté qu’à certaines saisons et dans certaines régions de l’exosphère.Ces conditions de détection sont bien différentes de celles de BepiColombo.Il est donc difficile d’identifier avec certitude l’espèce détectée. D’autres observations sont nécessaires.On peut tout de même mentionner que l’échelle de hauteur déduite du profil c404 est ∼135 km et que le modèle de Chamberlain appliqué au profil c404 semble indiquer une température à l’exobase <3000 K.