L'image du lecteur dans l'autobiographie contemporaine : Sarraute, Leiris, Barthes, Ernaux
| Auteur / Autrice : | Yuya Yokota |
| Direction : | Éric Marty |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire et sémiologie du texte et de l'image |
| Date : | Soutenance le 23/03/2023 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Histoire, langue, littérature et images : civilisations et sciences humaines et sociales (domaines francophones, anglophones et d'Asie orientale) (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'étude et de recherche interdisciplinaire de l'UFR LAC (Paris ; 2009-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Dominique Rabaté |
| Examinateurs / Examinatrices : Dominique Rabaté, Magali Nachtergael, Tiphaine Samoyault, Mathieu Messager | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Magali Nachtergael, Tiphaine Samoyault |
Mots clés
Résumé
La publication d'une autobiographie, qui rend « public » un récit du soi « intime », est l'acte d'un auteur qui, tel Janus, présente deux visages regardant dans deux directions : à l'intérieur et à l'extérieur de soi, dans le passé et dans l'avenir. Qui donc est ce public extérieur à soi ? Autrement dit, à qui s'adressent les autobiographes ? Partant de cette question, la présente étude constitue une monographie qui analyse « l'image du lecteur » chez quatre auteurs : Nathalie Sarraute, Michel Leiris, Roland Barthes et Annie Ernaux. Dans la seconde moitié du XXe siècle, et surtout depuis les années 1970, les recherches littéraires ont tenté de définir l'autobiographie pendant que, dans le même temps, différentes expérimentations d'écrivains conduisaient à une diversification de ce genre et brouillaient les frontières avec les genres adjacents. Nous commençons par rappeler ce contexte historique, puis nous définissons le concept de « image du lecteur », qui comprend à la fois le « narrataire » et le « lecteur virtuel », avant de passer à l'étude particulière de chaque écrivain. Enfin, des quatre parties (dont une par auteur), nous dégageons des éléments communs tels que la prise de conscience de l'instance narrative, le choix de moments privilégiés de l'histoire de vie, l'usage partagé de l'idiolecte et du sociolecte, les allers-retours continuels entre détail et totalité, etc. Pour finir nous montrons que la figure à laquelle le narrateur adresse son discours est, en réalité, une métaphore de l'image de soi qui lui échappe toujours.