Thèse soutenue

Étude psychophysiologique de la perception douloureuse chez les sujets déprimés à risque suicidaire

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Auteur / Autrice : Nathan Risch
Direction : Émilie OliéPhilippe Courtet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie Santé
Date : Soutenance le 20/12/2023
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut de Génomique Fonctionnelle (Montpellier)
Jury : Président / Présidente : Emmanuel Haffen
Examinateurs / Examinatrices : Guillaume Vaiva
Rapporteurs / Rapporteuses : Radhouane Dallel, Guillaume Vaiva
DOI : 10.70675/c1101806z6fa6z492ezab15zc501e5bae110

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Dans le monde, plus de 700 000 personnes meurent par suicide chaque année, il y aurait 20 à 30 fois plus de tentatives de suicide. La douleur physique double le risque d’avoir des idées suicidaires et de faire une tentative de suicide. Or plus d’un tiers des patients souffrant d’un trouble psychiatrique ressentirait une douleur invalidante. Dans ce contexte, nous avons analysé dans une cohorte nationale de 880 patients souffrant de trouble bipolaire (pathologie à haut risque suicidaire) les dimensions cliniques associées à la douleur, l’impact de la plainte douloureuse et l’effet de la prise de sels de lithium sur cette plainte. La douleur avait un retentissement négatif sur leur vie quotidienne et favorisait les symptômes dépressifs. Nous avons pu identifier que les dimensions de réactivité émotionnelle, de labilité affective, et d’hostilité étaient associées à la plainte douloureuse. Identifier ces facteurs de risque dans des études prospectives permettra de définir de nouvelles cibles thérapeutiques afin de traiter de manière concomitante la douleur, les symptômes thymiques et le risque suicidaire. Aussi la prise de lithium, dont l’effet anti-suicidaire est démontré, était associée à une moindre fréquence de douleur chez ces patients. Ce résultat reste à confirmer dans des essais contrôlés randomisés afin de savoir si le lithium peut être utilisé comme un antalgique à part entière. Par ailleurs, les théories actuelles sur le suicide suggèrent qu'une plus grande tolérance a la douleur pourrait faciliter le passage à l'acte. Ainsi, nous avons conduit une revue systématique et méta-analyse pour étudier l’association entre tolérance à la douleur et histoire de tentative de suicide, mais la synthèse de ces études ne nous pas a permis de de conclure à l’existence d’un tel lien. Nous avons également mesuré les seuils et la tolérance à la douleur chez 155 patients déprimés, avec et sans histoire passée de tentative de suicide, dans une étude expérimentale. Nous n’avons retrouvé aucune différence de tolérance à la douleur entre les patients suicidants et non-suicidants, même en prenant en compte la présence d’idées de suicide et le niveau de dépression. Cependant, nous avons trouvé un lien entre la létalité de la tentative de suicide et la tolérance à la douleur. Les patients suicidants les plus tolérants à la douleur sont ceux qui ont effectué des tentatives de suicide les plus létales. De futures études prospectives pourraient évaluer si la tolérance à la douleur est prédictive d’une tentative de suicide et du décès par suicide. L’étude de la douleur en population psychiatrique est un champ peu investigué alors qu’elle offre de nombreuses opportunités comme celle de mieux identifier les personnes à risque suicidaire.