Etude des mécanismes moléculaires associés aux infections virales du système nerveux central : de la neuro-invasion aux désordres neuronaux
| Auteur / Autrice : | Emma Partiot |
| Direction : | Raphaël Gaudin |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Biologie Santé |
| Date : | Soutenance le 08/12/2023 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de Recherche en Infectiologie de Montpellier (Montpellier) |
| Jury : | Président / Présidente : Nathalie Chazal |
| Examinateurs / Examinatrices : Sara Salinas, Daniel Gonzalez-Dunia | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Muriel Coulpier, Cyrille Mathieu | |
| DOI : | 10.70675/bf8fd4b1zefc9z45e5za855zc0181aeb44ab |
Mots clés
Résumé
Depuis le début de la pandémie mondiale de COVID-19, des symptômes neurologiques ont été signalés lors de l’infection par le SARS-CoV-2, allant de la perte de mémoire et des troubles cognitifs aux troubles psychiatriques et aux accidents vasculaires cérébraux ischémiques. Le cerveau a également été considéré comme un réservoir potentiel pour la persistance du virus et pourrait jouer un rôle crucial dans le développement des COVID longs. Des particules virales ont été détectées dans le liquide cérébrospinal de patients décédés de la COVID-19 et des études récentes ont pu détecter la présence (rare) de cellules infectées dans le cortex cérébral. Ainsi, il semble clair que le virus accède au système nerveux central et s’y réplique à bas bruit, mais les mécanismes moléculaires sous-jacents à sa réplication neurale restent encore mal compris. Ici, en combinant l’utilisation de modèles in vitro et ex vivo innovants comprenant des organoïdes corticaux dérivés de cellules souches et la culture organotypique de tranches de cerveau humain post-mortem, ainsi que des échantillons de personnes décédées de la COVID-19, nous avons montré que le SARS-CoV-2 se réplique peu et de manière hétérogène dans le cortex cérébral en absence de production de nouvelles particules virales. De plus, par microscopie confocale, nous avons observé que les particules virales s'accumulent à l'interface transsynaptique, entraînant une augmentation du nombre et de la taille des synapses. Grâce à des approches de protéomique différentielle sur organoïdes individuels et de mesure de l’activité électrique analysée par intelligence artificielle, nous avons identifié que SARS-CoV-2 perturbe le signal électrique dépendant de l’augmentation de l’expression d’une protéine post-synaptique viro-induite : la Latrophilin-3 (LPHN3). Cibler LPHN3 par l’utilisation d’un peptide agoniste a permis de partiellement rétablir une activité électrique semblable aux organoïdes non infectés. Ces résultats ont contribué à mieux caractériser l’impact de SARS-COV-2 sur le cerveau et d’identifier les mécanismes moléculaires perturbés par le virus, potentiellement responsable de symptômes associés au neuroCOVID. Enfin, ces travaux permettent d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à traiter les symptômes neurologiques liés à l’infection par SARS-CoV-2.