Modéliser la performance de cultures associées céréale-légumineuse annuelles : une approche combinant écologie des communautés et science des données
| Auteur / Autrice : | Rémi Mahmoud |
| Direction : | Nadine Hilgert, Pierre Casadebaig, Noémie Gaudio |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Biostatistique |
| Date : | Soutenance le 04/04/2023 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Information, Structures, Systèmes (Montpellier ; 2015-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Mathématiques, Informatique et STatistique pour l'Environnement et l'Agronomie (Montpellier) |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Eric Garnier, Catherine Trottier, Xavier Gendre |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Muriel Valantin-Morison, Nathalie Vialaneix | |
| DOI : | 10.70675/64651129z5a71z4d52z82e2zb2f415b4eee9 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
L’utilisation de la diversité végétale cultivée est l’un des leviers pour s’orienter vers une agriculture plus durable. Dans ce contexte, les cultures associées céréale-légumineuse sont des mélanges prometteurs, notamment en conditions bas-intrants. L’utilisation de modèles statistiques peut améliorer notre compréhension du fonctionnement de ces cultures. Pour construire ces modèles, une stratégie est d’utiliser les données issues de l’agrégation d’expérimentations mettant en jeu ces cultures. Dans mon travail de thèse, nous partons d’un jeu de données de plusieurs variables mesurées sur 8 espèces (3 céréales et 5 légumineuses) en culture pure et en culture associée, dans 35 expérimentations. Ce type de jeu de données, peu utilisé dans la littérature, soulève des questions méthodologiques de par son hétérogénéité. Dans le Chapitre II, nous discutons du rôle de ces jeux des données dans la recherche agronomique, mettons au point une méthode utilisant la théorie des graphes pour identifier des sous-jeux de donnéesinduisant des plans factoriels complets au sein de ces jeux de données globaux etillustrons l’utilisation de splines de lissage comme méthode de réduction de dimension de variables temporelles. Nous utilisons ensuite, dans le Chapitre III, ce jeu de données pour évaluer deux processus clés d’interactions entre plantes (complémentarité et dominance), à l’oeuvre dans les cultures associées céréale-légumineuse sur l’ensemble du jeu de données. Puis nous discutons de l’effet de deux pratiques agronomiques, le choix des espèces associées et la fertilisation, sur ces deux processus, en montrant la perturbation desinteractions plante-plante induite par ces pratiques. Enfin, dans le Chapitre IV, le jeu de données est utilisé pour développer des modèles statistiques dont les variables explicatives sont construites à partir de théories issues de l’écologie des communautés et permettant de comprendre la performance de chacune des composantes du mélange sur un sous-ensemble du jeu de données. Notre procédure de modélisation inclut réduction de dimension, imputation des données, calcul des variables explicatives, sélection de variables (dans un objectif de parcimonie) et ajustement des modèles. Les modèles utilisés combinent les capacités de prédiction des forêts aléatoires à une prise en compte de la dépendance intra-expérimentation des observations via un facteur aléatoire. Nos résultats soulignent i) le rôle des interactions positives au sein de ces mélanges en conditions bas-intrants ainsi que ii) la place prépondérante des interactions plante-plante, notamment celles liées à l’architecture du couvert dans la performance de ces mélanges. Mon travail de thèse souligne l’utilité de l’écologie des communautés dans la compréhension du fonctionnement d’agroécosystèmes complexes et le potentiel prometteur de l’utilisation de jeux de données globaux en agronomie analysés avec des méthodes statistiques avancées.