Lien entre prophylaxie par G-CSF, dose-intensité et survie : application chez des patients traités par FOLFIRINOX pour un adénocarcinome pancréatique métastatique
| Auteur / Autrice : | Clémence Brun-Canton |
| Direction : | Mathieu Boulin, Olayidé Boussari |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Pharmacie |
| Date : | Soutenance le 14/12/2023 |
| Etablissement(s) : | Bourgogne Franche-Comté |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Environnements, Santé (Dijon ; Besançon ; 2012-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherche Translationnelle en Médecine moléculaire (CTM) (Dijon) |
| Etablissement de préparation : Université de Bourgogne (1970-2024) | |
| Jury : | Président / Présidente : Laetitia Dahan-Alcaraz |
| Examinateurs / Examinatrices : Jean-Baptiste Bachet, Fabien Subtil | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Catherine Guy Rioufol, Cindy Neuzillet |
Mots clés
Résumé
En France, les adénocarcinomes pancréatiques sont des cancers fréquents et de très mauvais pronostic. Il s’agit du deuxième cancer digestif le plus fréquent derrière le cancer colorectal.Les polychimiothérapies utilisées, telles que le FOLFIRINOX, permettent d’augmenter la survie des patients. Cependant, elles ne sont pas dénuées de risque, avec notamment un surrisque de neutropénies de grade 3-4 voire de neutropénies fébriles.Dans ce contexte, les facteurs de croissance granulocytaires (G-CSF) sont utilisés en prophylaxie car ils sont connus pour réduire l’incidence et la gravité de ces événements indésirables ainsi que leurs complications. Selon certaines études menées en hématologie et gynécologie, ils pourraient également permettre de maintenir une dose-intensité optimale de la chimiothérapie et améliorer la survie des patients. A ce jour, aucune donnée ni consensus n’existent à ce sujet en oncologie digestive.Un premier travail, s’intéressant à différents protocoles de chimiothérapies, nous a permis de montrer un lien entre l’utilisation de G-CSF en prophylaxie et l’amélioration de la dose-intensité (c’est-à-dire le maintien des doses de chimiothérapie et de leur rythme d’administration). Dans ce premier travail, nous n’avons pas mis en évidence d’amélioration de la survie. Cependant, des résultats préliminaires encourageants nous ont amené à étudier la relation entre la dose-intensité et la survie uniquement chez les patients traités par FOLFIRINOX. Nous avons également envisagé une nouvelle méthode d’analyse du lien entre la dose-intensité et la survie.Cette nouvelle méthode d’analyse, utilisant des modèles à trajectoires latentes, est une méthode permettant d’analyser des phénomènes évolutifs tels que l’évolution d’une dose-intensité de chimiothérapie au cours du temps. Cependant, force a été de constater qu’elle est très peu répandue dans le domaine de l’oncologie. La deuxième partie de ce travail doctoral consiste donc en un article à visée pédagogique, qui présente la méthode et ses modalités de mise en œuvre afin de démocratiser son utilisation au sein dans la recherche clinique en oncologie.Enfin, nous avons mis en œuvre cette méthode sur notre base de données dans la troisième et dernière partie de ce travail de thèse. Nous nous sommes dans cette partie attardés sur les patients atteints d’adénocarcinomes pancréatiques métastatiques ayant été traités par FOLFIRINOX pendant une période donnée. Afin d’analyser l’évolution de leur dose-intensité au cours du temps et l’impact de cette évolution sur leur survie, nous avons sélectionné les patients ayant reçu au moins 8 cycles de chimiothérapie. Selon la cinétique d’évolution de leur dose-intensité, le modèles à trajectoires latentes a permis de classer les patients en deux groupes, ceux dont la dose-intensité se maintient au cours du temps et ceux pour lesquels elle décroit progressivement. Dans cette analyse, la présence d’une prophylaxie par G-CSF a bien évidemment été prise en compte.Au total, dans ce travail doctoral, nous avons montré que la prophylaxie par G-CSF avait un impact positif sur la dose-intensité et les survies sans progression et globale des patients atteints d’adénocarcinome pancréatique métastatique traité par FOLFIRINOX.