Thèse soutenue

Implication des variants non-codants dans les anomalies du développement oculaire

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Auteur / Autrice : Julie Plaisancié
Direction : Cédric Le CaignecNicolas Chassaing
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Génétique moléculaire
Date : Soutenance le 29/06/2023
Etablissement(s) : Toulouse 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Biologie Santé Biotechnologies (Toulouse)
Jury : Président / Présidente : Vincent Soler
Examinateurs / Examinatrices : Claude Speeg-Schatz, David Geneviève
Rapporteurs / Rapporteuses : Sandrine Marlin, Julien Thévenon
DOI : 10.70675/22ede88dz9824z4bc6z9a48zce14d5d8b3e6

Résumé

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Les anomalies congénitales de l’œil sont des malformations crânio-faciales relativement fréquentes chez l'Homme. Leur nature varie en fonction de la structure oculaire touchée. Un défaut dans les processus de développement peut affecter la formation des différents segments de l'œil, à l’origine de dysgénésies du segment antérieur et/ou postérieur, mais aussi affecter la croissance du globe oculaire, conduisant à des micro-anophtalmies. Ces anomalies malformatives peuvent survenir de façon isolée ou s’inclure dans des formes syndromiques. Leurs causes sont complexes et variées: environnementales, chromosomiques ou géniques. L’établissement d’un diagnostic étiologique est souvent difficile devant la variabilité phénotypique de ces atteintes oculaires et l’hétérogénéité génétique rencontrée pour chacune d’entre elles. Ces défauts de développement à l’origine de ces malformations oculaires surviennent lors des stades embryonnaires précoces. L’embryogénèse de l’œil est un processus complexe finement régulé au cours du temps. Cette régulation dépend en partie de facteurs de transcription capables de se lier à l’ADN pour réguler la transcription de gènes cibles. Certains de ces facteurs de transcription, tel que PAX6 ou FOXE3, ont déjà une implication reconnue dans ces malformations oculaires.La première partie de ce document (chapitres I-III) a pour objectif de poser les bases cliniques et génétiques des malformations oculaires abordées dans ce travail. Dans les chapitres I et II, nous introduirons le développement normal et anormal de l’œil ainsi que les données actuelles de la prise en charge des patients atteints de malformations oculaires, qui s’appuie entre autres sur un document de référence (PNDS sur les micro-anophtalmies publié en 2022 par notre équipe). Le chapitre III montre, à travers une série de travaux en cours et publiés, l’hétérogénéité clinique et génétique des malformations oculaires qui rend le diagnostic de ces anomalies compliqué et dont le rendement diagnostic reste finalement faible (<50%) malgré une analyse exhaustive des gènes connus. Les travaux de recherche que notre équipe a initiés ces dernières années ont permis d’améliorer la connaissance de la fréquence d’implication des gènes connus, des phénotypes associés aux mutations de ces gènes et proposer parfois des corrélations phénotype-génotype qui sont indispensables dans notre pratique clinique et biologique, constituant souvent une aide précieuse à l’interprétation des variants génétiques identifiés chez les patients. La seconde partie de ce document (chapitres IV-VII) s’intéresse à l’exploration de nouvelles causes de malformations oculaires chez les patients dont l’analyse des principaux gènes connus est revenue négative. A travers différents travaux, en cours et publiés, différentes approches sont illustrées (chapitre IV-V): la recherche de nouveaux gènes par stratégie d’exome, l’étude de gènes candidats issus de données chez l’animal, la recherche d'anomalies en mosaïque non détectée par les approches classiques et enfin l’étude des régions régulatrices des gènes du développement oculaire. Cette dernière piste est explorée à travers deux approches différentes: une approche ciblée (chapitre VI) basée sur l’existence établie de corrélation phénotype-génotype dans deux gènes responsables de malformations oculaires (travaux sur PAX6 et FOXE3) et une approche à l’aveugle (chapitre VII) par une analyse génome entier de patients atteints de malformations oculaires (13 trios) sans orientation diagnostique. Nos travaux illustrent en particulier le fait que les principaux des gènes, dont les mutations codantes sont responsables de malformations oculaires, ont probablement déjà été identifiés, et que notre regard doit désormais se porter sur la découverte et l’étude de mécanismes pathologiques alternatifs qui pourraient entraîner une dérégulation l’expression de ces gènes déjà impliqués dans développement oculaire.