Impact de la neuroinflammation associée à l’infection par T. gondii sur le fonctionnement cérébral et la neurodégénérescence
| Auteur / Autrice : | Marcy Belloy |
| Direction : | Nicolas Blanchard |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Immunologie |
| Date : | Soutenance le 19/12/2023 |
| Etablissement(s) : | Toulouse 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Biologie Santé Biotechnologies (Toulouse) |
| Jury : | Président / Présidente : Claire Rampon |
| Examinateurs / Examinatrices : Maryse Lebrun | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Luc Buée, Réjane Rua |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Les dérégulations neuroimmunes contribuent à la physiopathologie des troubles neurologiques et de la neurodégénérescence, notamment au cours de la maladie d’Alzheimer (MA). Certains agents infectieux sont capables de persister dans le système nerveux central (SNC), ce qui leur confère une localisation privilégiée pour induire des réponses neuroinflammatoires et altérer le fonctionnement cérébral. C’est le cas du parasite intracellulaire Toxoplasma gondii (T. gondii), responsable de la toxoplasmose, auquel un tiers de la population mondiale a été exposé. Après une phase de dissémination systémique, le parasite établit une infection chronique dans les neurones du SNC. Cette phase dite latente est contrôlée par le système immunitaire. Si dans un contexte d’immunosuppression, la réactivation du parasite peut causer une encéphalite létale, l’infection est généralement considérée comme asymptomatique chez l’hôte immunocompétent. Pourtant, plusieurs études suggèrent une association entre l'infection chronique par T. gondii et divers troubles neuropsychiatriques ainsi qu’une association avec la MA. Dans des modèles murins, l’infection par T. gondii est à l’origine d’altérations comportementales et cognitives mais les mécanismes ne sont pas identifiés. L’objectif de mon travail de thèse était d’étudier la contribution de phénomènes neuroinflammatoires, associés à l’infection chronique par T. gondii, dans les dysfonctionnements cognitifs et dans la pathogénèse de la MA. Grâce à des modèles d’infection chronique à T. gondii chez la souris, j’ai tout d’abord montré que l’infection latente induit des altérations de la mémoire spatiale dépendante de l’hippocampe. A l’aide d’un modèle permettant l’invalidation conditionnelle du récepteur à l’IL-1 dans les neurones excitateurs, j’ai mis en évidence que la signalisation par l’IL-1 au niveau de ces neurones est nécessaire pour induire les déficits mnésiques au cours de l’infection latente par T. gondii. Compte tenu du rôle central des cassures double-brin (CDB) de l’ADN dans le fonctionnement neuronal en conditions physiologique et pathologique, nous avons fait l’hypothèse que la signalisation par l’IL-1&dièse946; pourrait agir en perturbant l’équilibre de la réponse aux CDB dans les neurones. En utilisant un modèle réductionniste d’exposition systémique chronique à l’IL-1&dièse946;, nous avons observé une augmentation du nombre de neurones présentant des CDB au sein de l’hippocampe et nous avons démontré que la signalisation dépendante de H2A.X associée à leur génération est requise dans les perturbations de la mémoire spatiale au cours de l’infection et de l’exposition chronique à l’IL-1. Ces résultats mettent en exergue le rôle critique de la signalisation dépendante des CDB, induite par l’IL-1&dièse946;, dans les perturbations de la mémoire spatiale causées par l’infection chronique à T. gondii. En outre, nous avons caractérisé les effets de l’infection latente à T. gondii sur le développement de la pathologie de la MA dans un modèle murin d’amyloïdose inductible. Nos résultats montrent que l’infection latente à T. gondii accélère le déclin cognitif au cours de l’amyloïdose, alors que le nombre de plaques amyloïdes dans le cortex et l’hippocampe est réduit. Cette accélération est associée à une accumulation de lymphocytes T CD8+ mémoire-résidents cytotoxiques dans l’hippocampe. En conclusion, mes travaux ont mis à jour un nouveau mécanisme responsable des altérations cognitives induites par la neuroinflammation, en réponse à l’infection chronique par T. gondii. Nos résultats pourraient être pertinents dans d’autres contextes physiopathologiques au cours desquels des concentrations non physiologiques d’IL-1&dièse946; sont chroniquement détectées. Dans le cadre de la MA, nos observations suggèrent un effet délétère de l’infection à T. gondii sur les stades précoces de la pathologie, associé à une signature immunitaire spécifique dans le CNS.