Les apports de la réalité virtuelle dans les programmes de réhabilitation respiratoire
| Auteur / Autrice : | Dylan Muccia |
| Direction : | Florence Sordes |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Psychologie |
| Date : | Soutenance le 05/12/2023 |
| Etablissement(s) : | Toulouse 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Comportement, Langage, Éducation, Socialisation, Cognition (Toulouse) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'études et de recherches en psychopathologie et psychologie de la santé (Toulouse ; 2016-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Anne-Marie Étienne |
| Examinateurs / Examinatrices : Daniel Mestre | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Aurélie Gauchet | |
| DOI : | 10.70675/cf6bf772zdb49z45c3za3ebz1bc992ad6e4f |
Résumé
La survenue d’une maladie respiratoire chronique, la dyspnée et sa progression constituent un facteur de risque pour une sédentarisation croissante du patient. La maladie et son vécu inscrivent le patient dans un cercle vicieux dans lequel il perd la condition physique nécessaire pour les efforts physiques du quotidien, associé à des problématiques anxiodépressives, une perte de motivation, un sentiment d’auto-efficacité faible et une qualité de vie dégradée.Ces patients peuvent être inclus dans un programme de réhabilitation respiratoire. Il leur est proposé un réentrainement à l’effort par l’activité physique adaptée sur vélo statique et réentrainement musculaire. Cela permet aux patients de retrouver une part de leur qualité de vie et de leur autonomie, améliorer leurs paramètres physiques et leur fonctionnement psychosocial. Afin de garantir la pérennité de ces bénéfices, le maintien d’une activité physique est nécessaire quand la prise en charge est achevée. Cependant, 30% des patients ne peuvent maintenir ces efforts, amenant à un nouveau déconditionnement à l’effort.En réponse à cette non-observance, nous avons proposé une solution pour améliorer l’observance de l’activité physique. Un jeu de course de cyclisme en réalité virtuelle a été proposé à 17 patients pendant la totalité de leur réentrainement. L’objectif est d’utiliser les propriétés immersives de la réalité virtuelle pour favoriser le sentiment de présence des patients dans un environnement virtuel. Cela a pour effet de détourner l’utilisateur de certaines de ses sensations et perceptions. Nous avons supposé que cette immersion est associée avec le fonctionnement thymique, les représentations de la maladie, la dyspnée et la qualité de vie, sans nuire au bon fonctionnement de la réhabilitation respiratoire. Nous avons également supposé que cette utilisation de la réalité virtuelle est associée avec la motivation, le sentiment d’auto- efficacité et le plaisir pour l’activité physique, ainsi que le niveau habituel d’activité physique. Enfin, nous supposons que ces bénéfices de l’utilisation de la réalité virtuelle favorisent l’observance post-réhabilitation de l’activité physique.Notre protocole a été soumis aux patients, en comparaison d’un groupe contrôle également composé de 17 patients. Nos comparaisons de moyennes indiquent que notre protocole n’entrave pas la réhabilitation des patients. À partir des résultats de nos corrélations et régressions linéaires, nous avons identifié que lorsque les patients se sentent immergés et présents dans l’environnement virtuel, leurs symptômes anxieux sont plus faibles, ils ont un plus fort sentiment de contrôle sur la maladie, perçoivent leurs traitements comme efficaces, ressentent une plus grande vitalité et un meilleur fonctionnement social. De plus, ils éprouvent également une plus grande motivation externe et introjectée et un plus fort sentiment d’auto- efficacité. Cependant, les cybermalaises de la réalité virtuelle sont associés à des perceptions d’une maladie lourde de conséquences et des douleurs plus importantes, constituant donc un point de vigilance. Enfin, les entretiens de recherche indiquent que notre protocole n’a pas d’influence en dehors de la réhabilitation, n’améliorant pas l’observance de l’activité physique malgré le maintien de certains bénéfices perçus.La réhabilitation respiratoire des patients peut être favorisée par l’utilisation de la réalité virtuelle, en étant vigilant à la tolérance aux cybermalaises de chaque patient. Elle constitue une aide pour patients dont la motivation fait défaut, la réalité virtuelle ludique représentant une source de motivation par les objectifs du jeu proposé. Elle favorise le sentiment d’auto- efficacité, permet de lever certaines limites psychologiques et perceptives contre l’activité physique. D’autres travaux sont nécessaires afin de vérifier l’influence de la réalité virtuelle sur les symptômes de dyspnée, en se focalisant sur les épreuves d'effort.